Piqûre intemporelle

Ils se sont moqués de vos noms,

Et vous avez changé de nom.

Ils se sont moqués de vos habits,

Et vous avez changé d’habits.

Ils se sont moqués de vos cheveux,

Et vous avez acheté des dé-frisants.

Ils se sont moqués de votre peau,

Et vous avez acheté des éclaircissants.

Ils se sont moqués de vos langues,

Et vous avez adopté les leurs.

Ils se moqués de vos religions,

Et vous avez embrassé les leurs.

Qui vous a appris à haïr la texture de vos cheveux ?

Qui vous a appris à haïr la couleur de votre peau ?

A tel point que vous la blanchissez pour être comme l’homme Blanc.

Qui vous a appris à haïr la forme de votre nez et la forme de vos lèvres ?

Qui vous a appris à vous haïr du sommet de votre tête à la plante de vos pieds ?

Qui vous a appris à haïr votre nature ?

A haïr la terre de vos ancêtres ?

A haïr la race à laquelle vous appartenez à tel point que vous ne voulez pas être à côté les uns des autres ?

Quand allons-nous prendre conscience ? 

 

Malcolm X (1925-1965)


« La mort d'un seul combattant ne suffit pas à arrêter le combat.»

 

Ahmadou kourouma (1927-2003) 

 

Ahmadou Kourouma naît en 1927 en Côte d’Ivoire et meurt en 2003 à Lyon. 

Étudiant, ses activités politiques lui valent d’être enrôlé de force dans le corps expéditionnaire français en Indochine. Après les indépendances, son opposition au régime de parti unique de Houphouët Boigny l’éloigne à nouveau de son pays. 

Il est devenu l’un des écrivains les plus renommés du continent africain depuis Les Soleils des indépendances (1970), jusqu’à la consécration par le prix du Livre Inter en 1999 pour En attendant le vote des bêtes sauvages et le prix Renaudot 2000 pour Allah n’est pas obligé. 

Enfin, le Grand Prix Jean Giono, pour l’ensemble de son œuvre, lui a été décerné en 2000.


« Émancipez-vous de l'esclavage mental. Personne d'autre que nous ne peut libérer nos esprits»

 

Robert Nesta Marley (1945-1981) 

 

Artiste exceptionnel et visionnaire, il a ouvert la porte du reggae à la planète entière et fait découvrir le mouvement rastafari.

Robert Nesta Marley naît le 6 février 1945 à Nine Miles,un petit village dans la baie de Artiste exceptionnel et visionnaire, il a ouvert la porte du reggae à la planète entière et fait découvrir le mouvement rastafari.St Ann au nord de la Jamaïque.

Fils du capitaine de la Royal Navy ,Norval Marley, contre-maitre britannique né en 1895 et de Cedella Booker pure jamaïcaine née en 1926, Nesta est le seul enfant de cette union.

En 1980 Bob Marley réalise son rêve de jouer en Afrique, invité officiel au Gabon en janvier (où il découvre que son manager Don Taylor l'escroque) et le 17 avril à la cérémonie d'indépendance du Zimbabwe, dernier pays africain à obtenir l'indépendance. 

Il dépense personnellement deux cent cinquante mille dollars pour déplacer son groupe et le matériel nécessaire pour le son. 

En plein concert, sous la pression de milliers de spectateurs restés dehors, la barrière cède. 

Les invités officiels s'éparpillent. 

Les gaz lacrymogènes dispersent la foule, et le groupe, qui rejoue le lendemain. 

Bob Marley meurt à 36 ans le 11 mai 1981.

Son dernier mot est pour son fils Ziggy : " l'argent ne fait pas la vie." 


« Tant que la philosophie qui maintient une race supérieure et une race inférieure ne sera pas discréditée et abandonnée… il y aura la guerre » 

 

Hailé Selassié Ier (1892–1975)

Empereur d'Éthiopie (1930-1936 et 1941-1974) 

 

Descendant, selon les légendes, de la reine de Saba et du roi Salomon, dont il était le deux cent vingt-cinquième successeur,Hailé Sélassié Ier fut à la tête de la plus ancienne dynastie du monde. 

Son titre complet est negusa negast (« roi des rois »), lion de Juda, défenseur de la foi chrétienne, force de la Trinité, élu de Dieu. 

Fils du ras Makonnen, Hailé Sélassié a reçu pour nom à sa naissance celui de ras Tafarí Makonnen (Tafarí : Celui qui est redouté).

Il est couronné le 2 novembre 1930 sous le nom d’Haïlé Sélassié (pouvoir de la Trinité).


« Ce n’est que lorsque tous les peuples noirs s’uniront et parleront d’une seule voix que nous serons une force de négociation qui décidera de son propre destin. » 

 

Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela-Mandela, dite Winnie Mandela

(1936 – 2018) 

 

Elle  naît le 26 septembre 1936 dans la province du Cap oriental (sud).

En 1955 : elle devient la première assistante sociale noire du pays dans un hôpital de Soweto.

En 1958 : Elle épouse Nelson Mandela.

En 1962 : Seule avec ses fillettes après l’arrestation de son mari,elle devient l’une des figures du Congrès national africain malgré les intimidations et des séjours en prison.

En 1969 - 1970 : elle est arrêtée en tant qu’activiste anti-apartheid et détenue à l’isolement à Pretoria.

1990 : libération de Nelson Mandela après vingt-sept ans de prison.

Le 2 avril 2018 : elle meurt à 81 ans à Johannesburg.


« La résistance culturelle du peuple africain n'a pas été détruite,réprimée,persécutée,trahie par quelques catégories sociales compromises avec le colonialisme.La culture africaine a survécu à toutes les tempêtes,réfugiée dans les villages,dans les forêts et dans l’esprit des générations victimes du colonialisme » 

 

Amílcar Lopes da Costa Cabral alias Abel Djassi 

( 1924 – 1973 ) 

Extrait du recueil de discours L’arme de la théorie (Maspero, 1975)  

 

Amilcar Lopes Cabral,révolutionnaire panafricaniste est le fondateur du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert qui mènera à l'indépendance ces 2 colonies portugaises.

Il est assassiné à Conakry le 20 janvier 1973.

Une multitude de théories ont vu le jour sur les éventuels commanditaires à commencer par la puissance coloniale,le Portugal.

Le 20 janvier est le "Jour des héros de la Nation" au Cap-Vert "Dia dos heróis nacionais)" on célèbre notamment la mémoire d'Amilcar Cabral, considéré comme l'un des pères de la nation et maître d'œuvre de la révolution en Guinée Bissau et au Cap-Vert.


« Guerra cata cumé pom,pecadur ki ta cumé (la guerre ne mange pas du pain mais des Hommes)»

 

João Bernardo Vieira, dit « Nino Vieira » (1939-2009) 

 

Piqûre de rappel...Le 30 Janvier 1973 est assassinée Ernestina Silá surnomée Titina Silá,combattante pour la liberté de la Guinée et du Cap-Vert.

Elle rejoint les combattants africains de l'indépendance à 18 ans.

Son intelligence et son courage forcent l'admiration de ses compagnons de lutte dont Amilcar Cabral qui deviendra son mentor et son ami.

Figure clé de la révolution,elle dirigea vers le nord le Comité de la milice populaire qui organisait le passage des personnes et des biens dans les échanges de la rivière Cacheu, d'une importance vitale pour l'approvisionnement des troupes de résistance. 

Le 20 janvier 1973, Amílcar Cabral connu aussi sous le pseudonyme de Abel Djassi,fondateur du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, PAIGC, qui amena à l'indépendance ces deux États colonisés par le Portugal,est assassiné à Conakry.

Titina Silá perd un frère et le sort s'acharne.

Le 30 janvier , Titina dirige un petit groupe de combattants dans un canoë sur le fleuve Farim, dans le nord de la Guinée pour assister aux Funérailles du camarade Amilcar Cabral.

Elle est prise dans une embuscade tendue par les troupes portugaises et noyée avec ses camarades.

En son honneur et celui des autres combattants de la liberté qui ont donné leur vie pour la cause, une statue a été érigée dans la ville proche de la rivière où elle a été assassinée. 

Le 30 janvier a été créé la fête de la femme guinéenne en hommage à Titina. 

Elle faisait également partie de l'UDEMU - Union démocratique des femmes de Guinée et du Cap-Vert fondée en 1961.

Il s'agissait de sensibiliser les femmes avec une préparation politique et idéologique, afin de développer l'action diplomatique pour attirer des ressources matérielles et financières pour la lutte armée.  


«Nous nous sommes efforcés de donner aux Maliens le sentiment qu'ils devaient être fiers d'eux-mêmes, fiers de leur pays et accepter certains sacrifices. Pour un pays, il n'y a rien de plus beau. Nous avions renoncé à l'argent et aux privilèges. Nous étions tous disposés à tout donner à notre pays, notre patrie»

 

Dr Seydou Badian Kouyaté ( 1928-2018)

Compagnon de route du président Modibo Kéïta,homme politique,écrivain,auteur de l’hymne national du Mali.

 

Seydou Badian Kouyaté devient officiellement en 2009 Seydou Badian Noumboïna, du nom d'un village dans le cercle de Macina dans la région de Ségou.

Il naît à Bamako en 1928.

Après des études de médecine à l’université de Montpellier, il rentre au Mali. 

Proche du premier président Modibo Keïta, il écrit les paroles de l’hymne national : "Pour l`Afrique et pour toi, Mali". 

Il est nommé ministre de la Coordination économique et financière et du Plan le 17 septembre 1962. 

Lors du coup d’État de Moussa Traoré en 1968, il est déporté à Kidal puis s’exile à Dakar au Sénégal.

Son premier roman en 1957 est intitulé Sous l’orage.

Suivent: les dirigeants face à leurs peuples en 1965 (Grand prix littéraire d`Afrique noire),Le Sang des masques en 1976,Noces sacrées en 1977,La Saison des pièges en 2007.

Il disait : « S`ils en existent qui ne rêvent que d`être Blancs, l`avenir se chargera de leur faire comprendre que le séjour dans l`eau ne transforme pas un tronc d`arbre en crocodile »


« La science devrait être le plus grand allié et non le pire ennemi de l'humanité.Ce n’est qu’ainsi que le monde pourra non seulement répondre aux efforts louables de Nobel, mais aussi s’assurer contre l’autodestruction »

Albert John Luthuli

Prix Nobel de la paix 

10 décembre 1961 

 

Le sénateur américain, Robert Kennedy, en visite en Afrique du sud a dit de lui qu'il était "l'un des hommes les plus impressionnants" qu'il ait jamais rencontrés.

 

Albert John Luthuli que l’on connaît également sous le nom de Zulu Mvumbi,est resté à la tête de l'ANC de décembre 1952 jusqu’à son dernier souffle le 21 juillet 1967.

Il est mortellement blessé par un train qu’il n’aurait pas entendu arriver alors qu’il marchait le long du "trestle bridge" traversant la rivière Umvoti située à quelques kilomètres de chez lui. 

Un tragique accident qui n’a pas manqué de soulever un certain nombre de questions, Bien qu’il souffrait depuis quelques années de tension artérielle ayant altérée son ouïe et sa vue, certains y ont vu la main du pouvoir de l’apartheid.

Il a été le premier sud-africain, et, le premier natif du continent à se voir attribuer le Prix Nobel de la Paix en 1960, en son absence. 

En effet, la situation est extrêmement tendue depuis le massacre du 21 mars à Sharpeville, la police de l’apartheid a réprimé dans le sang une manifestation de centaines de personnes non armées contre les pass, ces documents d’identité imposés par le régime pour limiter et contrôler les déplacements des Noirs, faisant des dizaines de morts. 

L’ANC dénonce la barbarie policière, et, en guise de soutien aux personnes tuées, Albert John Luthuli brûle publiquement son "pass". 

Arrêté, sous le coup d’une amende et d’une peine de prison, il sera finalement en résidence surveillée à Groutville en raison de sa santé fragile. 

L’assignation à résidence est levée pour 10 jours en décembre 1961, afin que le leader du Congrès National Africain puisse aller recevoir le prix Nobel de la paix qui lui a été décerné.

« Un prix qui est », dira-t-il à Oslo en Norvège « la reconnaissance des sacrifices réalisés par les Sud-africains de toutes races, en particulier les Africains qui ont tant subi et souffert si longtemps» .

Avant de se lancer dans la vie politique en 1945, Albert John Luthuli était professeur d'histoire et de littérature zoulou à Adams College où il a lui-même fait ses classes, dans le Natal. 


« C'est L'Afrique ton Afrique qui repousse

Qui repousse patiemment obstinément

Et dont les fruits ont peu à peu

L'amère saveur de la liberté »

Extrait de "Afrique mon Afrique"("Les coups de pilon")

David Léon Mandessi Diop (1927-1960)

Écrivain engagé

 

 

Le Renégat

 

Mon frère aux dents qui brillent sous le compliment hypocrite

Mon frère aux lunettes d’or

Sur tes yeux rendus bleus par la parole du Maître

Mon pauvre frère au smoking à revers de soie

Piaillant et susurrant et plastronnant dans les salons de la condescendance

Tu nous fais pitié

Le soleil de ton pays n’est plus qu’une ombre

Sur ton front serein de civilisé

Et la case de ta grand-mère

Fait rougir un visage blanchi par les années d’humiliation et de Mea Culpa

Mais lorsque repu de mots sonores et vides

Comme la caisse qui surmonte tes épaules

Tu fouleras la terre amère et rouge d’Afrique

Ces mots angoissés rythmeront alors ta marche inquiète:

Je me sens seul si seul ici!

 

David Léon Mandessi Diop naît le 9 juillet 1927.

Écrivain engagé,Poète de la révolution africaine,de mère camerounaise et de père sénégalais.

David Léon Mandessi Diop met son talent pour la poésie au service de la lutte anticolonialiste et de la libération des peuples africains.

Il aura pour professeur un certain Léopold Sedar Senghor. 

Ses premiers poèmes sont publiés aux éditions "Présence Africaine" en 1956.

Il répond comme beaucoup d’intellectuels africains de l’époque à l’appel lancé par Sékou Touré suite à la rupture avec de Gaulle et se rend en Guinée pour enseigner au collège de Kindia.

Le 29 août 1960,l’avion d'Air-France à bord duquel il se trouve en compagnie de sa femme s'écrase au large de Dakar. 

Sur les soixante-trois passagers, on retrouva cinquante-deux corps dont ceux de David Diop et son épouse. 

Il avait trente-trois ans.

L'américaine Ruth Simmons souligne en parlant de David Diop que : "qu’il s’agisse d’un poème qui exprime son amour respectueux de la femme africaine, ou d’une attaque cinglante contre l’impérialisme et l’inhumanité yankee, qu’il s’agisse d’une attaque mordante contre le Noir assimilationniste ou d’un appel émouvant à l’action, la voix de David Léon Mandessi Diop est infailliblement celle d’un poète africain qui plaide pour la cause de son peuple".

 

Le temps du martyr 

Le Blanc a tué mon père

Mon père était fier

Le Blanc a violé ma mère

Ma mère était belle

Le Blanc a courbé mon frère sous le soleil de route

Mon frère était fort

Le Blanc a tourné vers moi

Ses mains rouges de sang

Noir

Et de sa voix de maître

« Hé boy, un berger, une serviette, de l’eau ! » 

 

DÉFI À LA FORCE

"Toi qui plies,toi qui pleures

Toi qui meurs un jour sans savoir pourquoi

Toi qui luttes,qui veilles sur le repos de l'autre

Toi qui ne regardes plus avec le rire dans les yeux

Toi mon frère au visage de peur et d'angoisse

Relève toi et crie : NON"

 


« C'est le bulletin de vote ou la balle, la liberté ou la mort, la liberté pour tous ou la liberté pour personne».
Malxcolm X ,figure incontournable de la lutte pour les droits civiques,le 3 avril 1964 à Cleveland.

Malcolm X, né Malcolm Little voit le jour le 19 mai 1925, fils de Louise Norton, une antillaise fille d’un écossais qui avait violé sa mère ,et, d’Earl Little, prêcheur proche de Marcus Garvey,qui fût assassiné par des blancs du sud.

Des tragédies familiales qui ont alimenté sa soif de justice et de liberté.


« Si la domination impérialiste a le besoin vital de pratiquer l'oppression culturelle, la libération nationale est nécessairement un acte de culture.» 

 

Amílcar Lopes da Costa Cabral (1924-1973)

 

Le 20 janvier 1973 est assassiné à Conakry Amilcar Lopes Cabral alias Abel Djassi, révolutionnaire panafricaniste, fondateur du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert qui mènera à l'indépendance ces 2 colonies portugaises.

 

Il disait.« Les colonialistes ont l’habitude de dire que eux, ils nous ont fait rentrer dans l’histoire. Nous démontrerons aujourd’hui que non : ils nous ont fait sortir de l’histoire, de notre propre histoire, pour les suivre dans leur train, à la dernière place, dans le train de leur histoire. » (conférence de Dar es Salam de 1965) .

 

Une multitude de théories ont vu le jour sur les éventuels commanditaires à commencer par la puissance coloniale,le Portugal.

A Lisbonne ,la capitale de l’empire colonial portugais, où Amilcar Cabral achève ses études d'ingénieur agronome en 1950 ,il rencontre de nombreux étudiants des différentes colonies africaines. Parmi eux figurent : Agostinho Neto (leader de l’indépendance de l’Angola) et Eduardo Mondlane (fondateur du Frelimo, mouvement de libération nationale du Mozambique) .Des camarades avec lesquels ils critiquent l’impérialisme et le pouvoir colonial ce qui nourrira leur engagement politique.

De retour dans son pays ,la Guinée portugaise, en 1952, il travaille au centre expérimental agricole de Bissau, qu’il dirige à 29 ans avec l'ambition de recenser le patrimoine agricole de la Guinée pour s’imprégner des réalités de la population paysanne , en comprendre les difficultés et les besoins, afin de s'en servir lors de la lutte pour l’indépendance comme l'on fait d'autre avant lui s'appuyant sur une stratégie révolutionnaire d’inspiration maoïste.

A Bissau, il fonde en 1956, avec cinq compagnons, le Parti africain pour l’indépendance - Union des peuples de Guinée et des îles du Cap-Vert, futur PAIGC qui proclame unilatéralement le 24 septembre 1973, l'indépendance de la Guinée-Bissau. Mais malgré la reconnaissance immédiate des Nations unies, il faudra attendre la révolution des œillets qui fait tomber le régime d'Antonio Salazar au Portugal, pour que le pays accède à l'indépendance pleine et entière le 10 septembre 1974.

La Guinée-Bissau et le Cap-Vert prendront des chemins séparés en 1980.

 

Le 20 janvier est le "Jour des héros de la Nation" au Cap-Vert "Dia dos heróis nacionais)" on célèbre notamment la mémoire d'Amilcar Cabral, considéré comme l'un des pères de la nation et maître d'œuvre de la révolution en Guinée Bissau et au Cap-Vert.


 Que celui qui mène à vive allure le cheval-de-la-suffisance se retourne, et il verra la honte accrochée à sa queue...»

Massa Makan Diabaté (1938-1988)

 

Griot,historien,auteur

« Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu'il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur...» 

Patrice Emery Lumumba (1925-1961)

 

Dernière lettre à sa femme Pauline,écrite en prison en décembre 1960 

 

 

Ma compagne chérie,

 

Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras.

Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie.

Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance.

Que pourrai je dire d’autre ?

Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte.

C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable.

Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays.

A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés.

L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches.

L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité.

Ne me pleure pas, ma compagne.

Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.

Vive le Congo ! Vive l’Afrique !

Patrice Lumumba

 


Vous pouvez me rabaisser pour l’histoire
Avec vos mensonges amers et tordus,
Vous pouvez me traîner dans la boue
Mais comme la poussière, je m’élève pourtant,
Mon insolence vous met-elle en colère?
Pourquoi vous drapez-vous de tristesse
De me voir marcher comme si j’avais des puits
De pétrole pompant dans ma salle à manger?
Comme de simples lunes et de simples soleils,
Avec la certitude des marées
Comme de simples espoirs jaillissants,
Je m’élève pourtant.
Voulez-vous me voir brisée?
La tête et les yeux baissés?
Les épaules tombantes comme des larmes.
Affaiblie par mes pleurs émouvants.
Es-ce mon dédain qui vous blesse?
Ne prenez-vous pas affreusement mal
De me voir rire comme si j’avais des mines
d’or creusant dans mon potager?
Vous pouvez m’abattre de vos paroles,
Me découper avec vos yeux,
Me tuer de toute votre haine,
Mais comme l’air, je m’élève pourtant.
Ma sensualité vous met-elle en colère?
Cela vous surprend-il vraiment
De me voir danser comme si j’avais des
Diamants, à la jointure de mes cuisses?
Hors des cabanes honteuses de l’histoire
Je m’élève
Surgissant d’un passé enraciné de douleur
Je m’élève
Je suis un océan noir, bondissant et large,
Jaillissant et gonflant je tiens dans la marée.
En laissant derrière moi des nuits de terreur et de peur
Je m’élève
Vers une aube merveilleusement claire
Je m’élève
Emportant les présents que mes ancêtres m’ont donnés,
Je suis le rêve et l’espérance de l’esclave.
Je m’élève
Je m’élève
Je m’élève

Still I rise (Pourtant je m’élève)

 

Maya Angelou née Marguerite Johnson (1928-2014

Poétesse, écrivaine, actrice et militante afro-américaine

En 2013, elle a reçu le Literarian Award, un prix honorifique du livre national pour ses contributions à la communauté littéraire.

Elle est décédée en 2014 à 86 ans. 


« Si vous voulez vous libérer vous-mêmes, vous devez vous-mêmes briser les chaînes de l’oppression, et c’est seulement après avoir été libéré nous-mêmes que nous pourrons coopérer avec d’autres groupes. Toutes acceptation d’humiliation, l’indignité ou insulte est l’acceptation d’infériorité.» 

 

Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela-Mandela, dite Winnie Mandela (1936-2018)

 

Combattante de la cause anti-apartheid,femme politique sud-africaine, membre et militante du Congrès national africain 


« Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès »….

 

Nelson Rolihlahla Mandela de la chefferie xhosa (1918-2013)

 

Le 11 février 1990,Nelson Mandela est libéré de prison après prés de 28 ans dont 18 dans le sinistre bagne deRobben Island, au large du Cap. 

Le leader de l'ANC va prendre la tête du mouvement qui en 4 ans mettra fin au régime d'apartheid. 

Cette politique raciale de développement séparé officiellement instaurée en 1948.

Nelson Mandela sort de prison le poing levé devant les caméras du monde entier, accompagné de son épouse Winnie, attendu par une foule gigantesque au Cap. 

Le leader de l'ANC,présenté en 1990 comme un «TERRORISTE », avait été condamné à la perpétuité en 1964, pour avoir dirigé la branche armée clandestine de l'organisation. A sa sortie,et durant quatre ans, il négocia avec le président Frederik De Klerk pour obtenir l'organisation d'élections au suffrage universel sur la base de «une personne, une voix».Et en 1994, le Congrès National Africain remporte le scrutin qui conduit au sommet de l'état,à la présidence de la république celui qui avait été coupé du monde pendant presque trois décennies.Madiba devient le premier président noir d'Afrique du Sud et se retire en 1999 après avoir exercé un seul mandat.

 


« Personne ne peut vous donner la liberté. Personne ne peut vous donner l'égalité ou la justice. Si vous êtes un homme, c'est à vous de la prendre. »

 

El-Hajj Malek El-Shabazz connu sous le nom de Malcolm X 

 

Figure incontournable de la lutte pour les droits civiques,

Malcolm X, né Malcolm Little voit le jour le 19 mai 1925. Fils de Louise Norton, une antillaise fille d’un écossais qui avait violé sa mère ,et, d’Earl Little, prêcheur proche de Marcus Garvey,qui fût assassiné par des blancs du sud.

Des tragédies familiales qui ont alimenté sa soif de justice et de liberté.


«La liberté n'est pas un cadeau. C'est une condition qui n'existe que lorsque les gens sont prêts à la défendre et à l'étendre. »

 

Jerry John Rawlings, le 5 mars 1985 

 

Officier et homme d'État,il naît le 22 juin 1947 à Accra,fils d'une ghanéenne et d'un écossais.

Il dirige le Ghana en 1979, puis de 1981 à 2001.

Jerry John Rawlings fait ses études à l’Achimoto College, puis à l'académie militaire de Teshie. 

Nommé sous-lieutenant dans l'aviation ghanéenne en 1969, il est promu capitaine d'aviation et devient un excellent pilote. 

En juin 1979,avec plusieurs officiers subalternes,ils organisent avec succès un coup d'État militaire. 

Avec le Conseil des forces révolutionnaires, il dirige le pays pendant 112 jours, au cours desquels plusieurs dirigeants, dont le général Ignatius Kutu Acheampong, sont jugés et exécutés. 

Rawlings cède alors le pouvoir à un président civil élu librement,Hilla Limann du Parti national populaire. 

Il est renversé le 31 décembre 1981 et remplacé par un Conseil provisoire de défense nationale, qui suspend la Constitution et élimine les partis politiques pour officiellement restaurer la dignité humaine des Ghanéens en luttant notamment contre la corruption et l'inflation.


« L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé»

Stephen Bantu Biko (1946-1977)

 

Stephen Bantu Biko, grande figure de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud,naît le 18 décembre 1946.

Il meurt "officiellement" le 12 septembre 1977 en détention des suites d'une grève de la faim. 

Il est arrêté le 18 août 1977, et emmené à Port Elizabeth où il est torturé, puis transféré à Pretoria,Transvaal, le 11 septembre 1977.

Ses conditions de détention et son décès brutal déclenchent des protestations internationales amenant le conseil de sécurité a voter des Résolutions (417 (31 octobre 1977) et 418 (4 novembre 1977), qui impose un embargo sur les ventes d'armes à destination de l'Afrique du Sud).

La police finira par confesser le meurtre de Steve Biko à la Commission vérité et réconciliation à la fin des années 1990.Le 7 octobre 2003,près de 10 ans après l'avènement d'un régime multiracial en Afrique du Sud, la justice renonce à poursuivre les 5 policiers pour manque de preuves et absence de témoins....

 


 «Je suis tombé des nues lorsqu’une patiente, en septembre 1999, m’a raconté qu’elle avait été violée par six soldats et que l’un d’eux avait ensuite tiré dans son vagin. Comment une telle cruauté était-elle possible? Pourquoi cette obstination à mutiler ? J’ai soigné cette femme en me disant qu’elle avait certainement croisé le chemin d’un fou.Mais il y en a eu une autre. Puis une autre. Et une autre….»

 

Dr Denis Mukwege,gynécologue-obstétricien,prix Nobel de la paix 2018,prix de l'ONU pour les droits humains , surnommé «L'homme qui répare les femmes »

 

"Chaque femme violée, je l’identifie à ma femme ; chaque mère violée à ma mère et chaque enfant violé à mes enfants. Comment me taire quand nous savons que ces crimes contre l’humanité sont planifiés avec un mobile bassement économique ?"

 

Dr Denis Mukwege,gynécologue-obstétricien,surnommé «L'homme qui répare les femmes»,recevant le prix Sakharov du Parlement européen,attribué le 21 octobre 2014, qu'il a dédié au "peuple congolais" pour son travail auprès des femmes et enfants victimes de viols et de violences sexuelles à l'est de la République démocratique du Congo.

Le Dr Mukwege a fondé l'hôpital et la fondation de Panzi, à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, pour aider les femmes violées à se reconstruire. 

Le viol est devenu une arme de guerre en République Démocratique du Congo ,une étude menée en 2007 évoque le chiffre de plus de 400 000 viols chaque année ; soit quasiment un par minute.

Les cas de viols sur fillettes, sur des femmes âgées de plus de 70 ans, mais aussi, de plus en plus, sur des petits garçons et des hommes se multiplient. 


« Ce n’est pas le toit suintant
Ni les moustiques zonzonnants
Dans la cellule humide et misérable
Ce n’est pas l’entrechoquement des clés
Quand le gardien vous verrouille
Ce ne sont pas les maigres rations
Impropres à la bête ou à l’homme
Et pas davantage les jours vides
Plongeant dans la béance des nuits
Ce n’est pas
Ce n’est pas
Ce ne sont pas

Ce sont les mensonges enfoncés
Dans nos oreilles toute une génération
C’est l’agent de police pris de folie
Exécuteur sans âme des ordres calamiteux
En échange d’une minable pitance quotidienne
La magistrate consignant dans ses livres
Une peine qu’elle sait imméritée
La décrépitude morale
L’ineptie mentale
Ordinaire des dictateurs
La couardise masquée d’obéissance
Tapie dans nos âmes dénigrées
C’est la peur qui mouille les pantalons
Qu’on n’ose pas laver
C’est ça
C’est ça
C’est ça
Cher ami, qui transforme notre monde libre
En lugubre prison »

« La vraie prison » Ken Saro-Wiwa (1941-1995), écrivain et militant nigérian.

Arrêté en 1994 pour ses actions revendicatives en faveur du peuple Ogoni, il est exécuté, par pendaison, à Port Harcourt le 10 novembre 1995.

 

« L’exploration pétrolière a transformé le pays ogoni en immense terrain vague. Les terres, les rivières et les ruisseaux sont en permanence entièrement pollués ; l’atmosphère est empoisonnée, chargée de vapeurs d’hydrocarbures, de méthane, d’oxydes de carbone et de suies rejetés par les torchères qui, depuis trente-trois ans, brûlent des gaz vingt-quatre heures sur vingt-quatre tout près des zones d’habitation. Le territoire ogoni a été dévasté par des pluies acides et des épanchements ou des jaillissements d’hydrocarbures. Le réseau d’oléoducs à haute pression qui quadrille les terres cultivées et les villages ogoni constitue une dangereuse menace. »

 

Ken Saro-Wiwa, s’adressant à l’Organisation des peuples et nations non représentés à Genève, en 1992.

 

Ce qui lui vaudra les foudres du régime Abacha, et,de puissants hommes d’affaires occidentaux, c’est son engagement écologique et politique au coté du peuple Ogoni qui occupe un petit territoire, pétrolifère, au sud du Nigeria, près de Port Harcourt.

Dès 1990, le MOSOP (MOvement for the Survival of the Ogoni People), le mouvement crée entre autre, par Ken Saro-Wiwa, enregistre ses premières victoires face au conglomérat britannico-néerlandais Shell.

 

Il fera plusieurs séjours en prison, jusqu’à sa troisième arrestations en mai 1994, ou il fut condamné à mort par un tribunal spécial, et pendu l’année suivante, le 10 novembre avec huit membres du mouvement de soutien au peuple ogoni.

 

Kenule Beeson Saro-Wiwa, plus couramment appelé Ken Saro-Wiwa a reçu, en 1994, le Prix Nobel Alternatif « pour son courage exemplaire dans la lutte non violente pour les droits civils, économiques et environnementales de son peuple. » .

 

Son fils, lui même journaliste, déposera plainte contre Shell, pour complicité de meurtre ; la société s’en sortira, en payant 15.5 millions de dollars pour éviter le procès.


« Il y en avait toujours un pour dire que la première chose, avec les esclaves, était de bien comprendre ce que leur passé africain, cette vie dans la jungle au milieu des bêtes, leur avait légué : stupidité, paresse, saleté. Le devoir du chrétien, à qui Dieu avait donné la supériorité, était d'inculquer à ces créatures le sens de la discipline, la morale et le sens du travail - en leur montrant l'exemple, bien entendu, mais aussi au moyen de lois et de châtiments adéquats, sans négliger pour autant d'encourager et de récompenser les méritants.» 

Extrait du livre Racines (Roots:The Saga of an American Family) publié en 1976 de Alexander Murray Palmer Haley(11 août 1921-10 février 1992),écrivain afro-américain qui raconte l'histoire de Kunta Kinte, un Africain du 18ème siècle, vendus comme esclaves aux États-Unis et retrace la vie de ses descendants présumés aux États-Unis vers le bas jusqu'à l'auteur lui-même.

Le livre, qui fait la chronique des origines de ses ancêtres en Afrique et leur voyage de l'esclavage à la liberté en Amérique, a joué un rôle majeur dans la sensibilisation sur l'histoire afro-américaine aux Etats-Unis. 

Ses premiers travaux ont succité un intérêt pour la généalogie chez les Américains de nombreux patrimoines ethniques.

Alexander Murray Palmer Haley était déjà un célèbre écrivain suite à sa collaboration à l'Autobiographie de Malcolm x publié en 1965 qui décrit la vie et la philosophie du défenseur des droits de l’Homme, devenu un best-seller international.

Il a reçu pour sa recherche exhaustive et d'habileté littéraire combinée dans les racines,la Médaille Spingarn décernée par la National Association for the Advancement of Colored People chaque année pour une contribution exceptionnelle d'un Afro-Américain.


Classement 2018 des puissances militaires africaines:

 

  1. Egypte (12ième à l’échelle mondiale)

  2. Algérie (23ième)

  3. Afrique du Sud (33ième)

  4. Nigeria (43ième)

  5. Angola (48ième)

  6. Ethiopie (51ième)

  7. Maroc (55ième)

  8. Soudan (70ième)

  9. Libye (74ième)

  10. RD Congo (75ième)

  11. Tunisie (77ième)

  12. Zimbabwe (81ième)

  13. Zambie (83ième)

  14. Kenya (85ième)

  15. Ouganda (93ième)

  16. Tchad (94ième)

  17. Tanzanie (98ième)

  18. Soudan du Sud (99ième)

  19. Botswana (103ième)

  20. Ghana (107ième)

  21. Niger (109ième)

  22. Cameroun (110ième)

  23. Mozambique (111ième)

  24. Mali (114ième)

  25. Côte d’Ivoire (119ième)

  26. République du Congo (120ième)

  27. Madagascar (123ième)

  28. Gabon (126ième)

  29. Namibie (127ième)

  30. Mauritanie (129ième)

  31. République Centrafricaine (130ième)

  32. Somalie (132ième)

  33. Sierra Leone (133ième)

  34. Liberia (135ième)

Classement 2018 des armées dans le monde, publiée par le site américain spécialisé dans la défense Global Fire Power (GFP)

 


"Divisés, nous sommes faibles. Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, une des plus grandes forces de ce monde.

Je suis profondément et sincèrement persuadé qu’avec notre sagesse ancestrale et notre dignité, notre respect inné pour la vie humaine, l’intense humanité qui est notre héritage, la race Africaine, unie sous un gouvernement fédéral, émergera non pas comme un énième bloc prompt à étaler sa richesse et sa force, mais comme une Grande Force dont la Grandeur est indestructible parce qu’elle est bâtie non pas sur la terreur, l’envie et la suspicion, ni gagnée aux dépends des autres, mais basée sur l’espoir, la confiance, l’amitié, et dirigée pour le bien de toute l’Humanité."

 

 

Kwame Nkrumah, premier Président de la République du Ghana 


" Qui a sauvé l’Europe? C’est l’Afrique! On en parle très peu, on en parle si peu que nous ne pouvons pas nous être complices de ce silence ingrat.

Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l’Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme.

La dette, c’est aussi la conséquence des affrontements et lorsque l’on nous parle aujourd’hui de crise économique, on oublie de nous dire que la crise n’est pas venue de façon subite, la crise existe de tout temps et elle ira en s’aggravant chaque fois que les masses populaires seront de plus en plus conscientes de leur droit face aux exploiteurs.

Il y a crise aujourd’hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus; il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l’étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l’Afrique; il y a crise parce que face à ces richesses individuelles que l’on peut nommer, les masses populaires refusent de vivre dans les ghettos, dans les bas quartiers; il y a crise parce que les peuples partout refusent d’être dans Soweto face à Johannesburg.

Il y a donc lutte et l’exacerbation de cette lutte amène les tenants du pouvoir financier à s’inquiéter.

On nous demande aujourd’hui d’être complices de la recherche d’un équilibre, équilibre en faveur des tenants du pouvoir financier, équilibre au détriment de nos masses populaires. Non, nous ne pouvons pas être complices, non, nous ne pouvons pas accompagner ceux qui sucent le sang de nos peuples et qui vivent de la sueur de nos peuples, nous ne pouvons pas les accompagner dans leur démarche assassine."

29 juillet 1987, Thomas Sankara à la 25 ième sommet de l’Organisation de l’Union Africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Il appelle à un front uni des pays africains contre la dette, et déclare, entre autres: «Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence!»

Il est assassiné le 15 octobre 1987, trois mois après ce discours. 


« C'est le bulletin de vote ou la balle, la liberté ou la mort, la liberté pour tous ou la liberté pour personne».
Malxcolm X ,figure incontournable de la lutte pour les droits civiques,le 3 avril 1964 à Cleveland.

Malcolm X, né Malcolm Little voit le jour le 19 mai 1925, fils de Louise Norton, une antillaise fille d’un écossais qui avait violé sa mère ,et, d’Earl Little, prêcheur proche de Marcus Garvey,qui fût assassiné par des blancs du sud.

Des tragédies familiales qui ont alimenté sa soif de justice et de liberté.


« L’attention des parents pour les filles à l’école devra être égale à celle accordée aux garçons qui font toute leur fierté. Car, non seulement les femmes ont prouvé qu’elles étaient égales à l’homme à l’école quand elles n’étaient pas tout simplement meilleures, mais surtout elles ont droit à l’école pour apprendre et savoir, pour être libres.
Dans les futures campagnes d’alphabétisation, les taux de participation des femmes devront être relevés pour correspondre à leur importance numérique dans la population, car ce serait une trop grande injustice que de maintenir une si importante fraction de la population, la moitié de celle-ci, dans l’ignorance »....
On dit, et vous le retiendrez, camarades, qu'au moment de mourir, chaque homme interpelle, avec ses derniers soupirs, une femme : sa mère, sa sœur, ou sa compagne. Les femmes ont besoin des hommes pour vaincre. Et les hommes ont besoin des victoires des femmes pour vaincre. Car, camarades femmes, aux côtés de chaque homme, il y a toujours une femme.
Cette main de la femme qui a bercé le petit de l'homme, c'est cette même main qui bercera le monde entier. Nos mères nous donnent la vie. Nos femmes mettent au monde nos enfants, les nourrissent à leurs seins, les élèvent et en font des êtres responsables.
Les femmes assurent la permanence de notre peuple, les femmes assurent le devenir de l'humanité ; les femmes assurent la continuation de notre oeuvre ; les femmes assurent la fierté de chaque homme. Mères, soeurs, compagnes, II n'y a point d'homme fier tant qu'il n'y a point de femme à côté de lui. Tout homme fier, tout homme fort, puise ses énergies auprès d'une femme ; la source intarissable de la virilité, c'est la féminité. La source intarissable, la clé des victoires se trouvent toujours entre les mains de la femme.
C'est auprès de la femme, sœur ou compagne que chacun de nous retrouve le sursaut de l'honneur et de la dignité. C'est toujours auprès d'une femme que chacun de nous retourne pour chercher et rechercher la consolation, le courage, l'inspiration pour oser repartir au combat, pour recevoir le conseil qui tempérera des témérités, une irresponsabilité présomptueuse. C'est toujours auprès d'une femme que nous redevenons des hommes, et chaque homme est un enfant pour chaque femme.

 

Celui qui n'aime pas la femme, celui qui ne respecte pas la femme, celui qui n'honore pas la femme, a méprisé sa propre mère. Par conséquent, celui qui méprise la femme méprise et détruit le lieu focal d'où il est issu, c'est-à-dire qu'il se suicide lui-même parce qu'il estime n'avoir pas de raison d'exister, d'être sorti du sein généreux d'une femme.

 

Camarades, malheur à ceux qui méprisent les femmes ! Ainsi à tous les hommes d'ici et d'ailleurs, à tous les hommes de toutes conditions, de quelque case qu'ils soient, qui méprisent la femme, qui ignorent et oublient ce qu'est la femme, je dis : « Vous avez frappé un roc, vous serez écrasés ».

 

Camarades, aucune révolution, et à commencer par notre révolution, ne sera victorieuse tant que les femmes ne seront pas d'abord libérées. Notre lutte, notre révolution sera inachevée tant que nous comprendrons la libération comme celle essentiellement des hommes. Après la libération du prolétaire, il reste la libération de la femme.

 

Camarades, toute femme est la mère d'un homme. Je m'en voudrais en tant qu'homme, en tant que fils, de conseiller et d'indiquer la voie à une femme. La prétention serait de vouloir conseiller sa mère. Mais nous savons aussi que l'indulgence et l'affection de la mère, c'est d'écouter son enfant, même dans les caprices de celui-ci, dans ses rêves, dans ses vanités. Et c'est ce qui me console et m'autorise à m'adresser à vous. C'est pourquoi, Camarades, nous avons besoin de vous pour une véritable libération de nous tous.

 

Je sais que vous trouverez toujours la force et le temps de nous aider à sauver notre société. Camarades, il n'y a de révolution sociale véritable que lorsque la femme est libérée.

 

Que jamais mes yeux ne voient une société, que jamais, mes pas ne me transportent dans une société où la moitié du peuple est maintenue dans le silence. J'entends le vacarme de ce silence des femmes, je pressens le grondement de leur bourrasque, je sens la furie de leur révolte. J'attends et espère l'irruption féconde de la révolution dont elles traduiront la force et la rigoureuse justesse sorties de leurs entrailles d'opprimées.

Camarades, en avant pour la conquête du futur ; Le futur est révolutionnaire ; Le futur appartient à ceux qui luttent. La patrie ou la mort, nous vaincrons !»

 

Thomas Sankara s'exprime à l'occasion de la journée de la Femme le 8 Mars 1987 à Ouagadougou

 

 


« Ses mouvements avaient quelque chose de brusque et de capricieux qui rappelait ceux du singe. Elle avait surtout une manière de faire saillir ses lèvres tout à fait pareille à ce que nous avons observé dans l’orang-outang....Le nègre, comme on le sait, a le museau saillant, et la face et le crâne comprimés par les côtés ; le Calmouque a le museau plat et la face élargie ; dans l’un et l’autre les os du nez sont plus petits et plus plats que dans l’Européen. Notre Boschimane a le museau plus saillant encore que le nègre, la face plus élargie que le calmouque, et les os du nez plus plats que l’un et l’autre. A ce dernier égard, surtout, je n’ai jamais vu de tête humaine plus semblable aux singes que la sienne ».

 

Extrait de la publication à l’Académie de Médecine en 1817 de Saint Hilaire et Cuvier après la dissection du corps de Saartjie Baartman surnommée la Vénus hottentote.

Georges Cuvier, zoologiste et chirurgien de Napoléon Bonaparte, a récupéré son cadavre,pour en faire un moulage complet de plâtre. Estimant que Saartjie est la preuve de l'infériorité de certaines races,Il va la disséquer au nom du progrès des connaissances humaines.

Son cerveau, son anus et ses organes génitaux sont conservés dans des bocaux de formol.

Il va extraire le squelette et le reconstitue entièrement, os par os.

En 1817, il expose le résultat de son travail dans sa publication Observations sur le cadavre d'une femme connue à Paris sous le nom de Vénus Hottentote, qu'il présente devant l'Académie nationale de médecine.

Le 3 mai 2002,la dépouille de Saartjie Baartman surnommée la Vénus hottentote, retrouve sa terre natale du Cap.

Devant 10 000 personnes rassemblées sur les rives du fleuve Gamtoss, le 9 août 2002, jour de la fête de la femme, la cérémonie des obsèques est retransmise en direct par la chaîne nationale.
Elle est inhumée en présence du président Mbeki près du petit village de Hankey dans l’Eastern Cape.

Près de deux siècles après sa mort,Sarah Baartman retrouve sa dignité.


«Pourquoi les gens ont faim? Pourquoi avez-vous faim? Et pourquoi n’avez-vous pas mangé? La question est fondamentale, parce que si vous vous dites que vous avez faim,

il y a deux solutions, soit il n’y a pas de nourriture, soit quelqu’un a mangé votre plat ! Est-ce que vous devez commencer à vous plaindre en disant j’ai faim ou alors demander qui a mangé mon plat?»

«La pire des choses, ce n’est pas la méchanceté des gens mauvais, c’est le silence des gens biens.

Et vous, qu’est-ce que vous faites?»

 

Norbert Zongo

  

La voix des sans voix,journaliste assassiné le 13 décembre 1998 au Burkina-Faso


 

 

«J’ai découpé et dissous dans l’acide le corps de Lumumba .En pleine nuit africaine, nous avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les corps. Le plus dur fut de les découper en 32 morceaux, à la tronçonneuse, avant d’y verser de l’acide. Il n’en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l’odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare».

 
Gérard Soete, le 15 mai 2002