Un jour de Août...

Piqûre de rappel...Le 2 Août 1914 est décrétée la Mobilisation Générale, et le 1er Régiment de Tirailleurs Sénégalais mobilise le 1er Régiment de Marche de Tirailleurs Sénégalais composé : d’un État-major, d'une Section Hors-Rang, de trois Bataillons placés sous les ordres du Colonel LAVENIR. Le 1er Bataillon quitte SAINT-LOUIS le 4 Août, l'État-major, les 2ème et 3ème Bataillons sont enlevés le 11 Août. Le 16 Septembre, le Lieutenant-colonel FAUCON prend le commandement du 1er Régiment de Tirailleurs Sénégalais. Le 11 Novembre, la composition du Régiment et l'emplacement de ses unités sont les suivants : État-major et Section Hors-Rang à SAINT-LOUIS, 1ère Compagnie à PORT-ETIENNE, 2ème, 3ème et 4ème à SAINT-LOUIS, 5ème à M’BOUT, 6ème, 7ème, 8ème et 9ème à SAINT-LOUIS, 10ème à DAGANA, 11ème et 12ème à PODOR, 13ème à ATAR, 14ème à CHINGUETLI, 15ème à BOUTILIMIT, 16ème à TIDJIKDJA. En outre, deux Brigades Indigènes, la Brigade de MAURITANIE à ALEG et la Brigade de CASAMANCE à BIGNONA sont rattachées au Régiment. Le 1er Janvier 1915, les Brigades Indigènes sont supprimées ; la Brigade de CASAMANCE est détachée du Corps et devient la 17ème Compagnie du 4ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, la Brigade de MAURITANIE devient la 17ème Compagnie du 1er Régiment de Tirailleurs Sénégalais.

A partir du 22 Février 1915, le Régiment dirige sur les différents théâtres d'opérations extérieurs les détachements suivants : 22 Février onze cents militaires indigènes sur le MAROC ; 23 Mars, une Compagnie de Marche sur le CAMEROUN ; 1er Avril, quatre cent soixante-neuf militaires sur le MAROC ; 11 Avril, un détachement de cent militaires indigènes sur la FRANCE ; 7 Mai, un détachement de cinq cents militaires indigènes sur la FRANCE ; 14 Mai, une Compagnie de Marche sur le CAMEROUN ; 22 Mai, un détachement de sept cents militaires indigènes sur la FRANCE ; 14 Juin, un détachement de trois cents militaires indigènes sur la FRANCE ; 20 Juillet, un détachement de sept cent cinquante et un militaires indigènes sur la FRANCE ; 6 Septembre, une Compagnie de Marche sur le CAMEROUN. Le 6 Septembre, le Colonel de Réserve COMTE prend le commandement du Régiment en remplacement du Lieutenant-colonel FAUCON appelé à prendre le commandement du Régiment de Marche du CAMEROUN. Le 30 Novembre, un détachement de deux cent cinquante-huit militaires indigènes est dirigé sur le CAMEROUN.  


Piqûre de rappel...Le 1er août 1960 à minuit,du haut de la terrasse du palais du Gouvernement à Porto-Novo, Hubert Maga proclame l’Indépendance du Dahomey : «Je proclame solennellement l’Indépendance du Dahomey ce lundi 1er août 1960 en présence des représentants de la République française, des chefs des états de l’Entente, de nos invités, des ministres du Gouvernement dahoméen, des parlementaires, des personnalités et de toute la population.Dans la semaine qui commence, les quatre états du Conseil de l’Entente vont accéder à l’Indépendance. Le Dahomey est heureux et fier d’être le premier à exercer pleinement sa souveraineté interne et externe. C’est pour nous un jour d’allégresse, jour qui consacre l’union de tous les enfants de ce pays pour la paix et la fraternité, jour qui marquera un nouveau pas en avant de l’Afrique vers un avenir meilleur".


Le août 1956...

« 20 000 femmes debout là, certaines avec leurs bébés sur le dos, et si tranquilles, aucun bruit, attendant. Quel spectacle si calme, et tant de couleurs, beaucoup de femmes en vert, jaune et noir (les couleurs de l'ANC) et les femmes indiennes dans leurs saris chatoyants ! Alors Lilian Ngoyi a commencé à parler. Elle a dit que le Premier ministre n’était pas là et qu’il avait eu trop peur de nous voir, mais que nous avions laissé les pétitions pour qu’il les voie. Alors, nous sommes restées debout en silence pendant une demi-heure. Toutes, le poing levé, silencieuses, à peine si les bébés pleuraient » Francis Baard, une syndicaliste et militante de l’Anc

Le 9 août 1956, est un jour inscrit noir sur blanc dans l’histoire de l’Afrique du Sud par les femmes comme un jour de résistance, devenu leur journée nationale. Un de ces jours qui change le cours des choses. Les femmes sud-africaines ont décidé de se lever comme « Une » seule pour braver les interdits, déterminées à résister à l’oppression, pour dénoncer les lois ségrégationnistes qui briment, rabaissent, et, laissent en marge de la société une partie de la population, la réduisant au rang de sous-citoyen, voir de non-citoyen. Elles sont plus de 20.000 Sud-Africaines, venues des quatre coins du pays, de toutes origines, de toutes conditions sociales à arpenter les rues de Pretoria, jusqu'au siège du gouvernement, dont elles entourent les bâtiments, avec un seul mot d’ordre « résister » face au régime de l’apartheid. Ce pouvoir mis en place législativement par le Parti National en 1948 qui instaure à partir de cette date, la division de la population sud-africaine en quatre groupes distincts (Blancs, Métis, Bantous, Indiens), la primauté étant accordée à la communauté blanche. Une configuration raciste qui nourrit le ras le bol de la gente féminine, déterminée à ne pas être simple spectatrice du découpage discriminatoire d’une société prônant l’hégémonie blanche. Pour se faire entendre c’est une marée humaine imposante, compact qui prend possession des jardins menant aux bureaux du gouvernement à Pretoria pour accompagner les dirigeantes de plusieurs organisations féminines venues déposer des milliers de pétitions collectées pendant près d’un an pour demander l’annulation de la loi imposant aux femmes noires le port du « pass ».Une mesure discriminatoire d'abord appliquée aux hommes puis élargie aux femmes. Les noirs doivent obligatoirement être munis de ce document qui précise leur identité, leur domicile et leur lieu de travail, si ils ne veulent pas être conduits manu militari en prison.

Ce 9 aout 1956, les femmes enjambent les barrières sociales et culturelles qui les séparent pour repousser celles de l’apartheid, s’opposer aux mesures répressives prises par le régime sud-africain. Un événement d’une ampleur jamais égalé qui a nécessité près d’une année de préparation. Les organisations des femmes blanches, indiennes, métisses et noires ont toutes répondu présentes pour protester contre l’imposition des « pass », et, le jour venu, les responsables, Lillian Ngoyi, Helen Joseph, Sophie De Bruyn, Amina Cachalia ont déposé les pétitions.

Une des manifestantes décrit la scène avec ses mots : « Pendant une demi-heure, nous sommes restées là, sous le soleil. Pas un son. Juste l’horloge avec son tic-tac. Et puis Lilian a commencé à chanter et nous avons toutes chanté avec elle. Je n’oublierai jamais ce chant que nous avons chanté. C’était un chant écrit spécialement pour cette occasion par une femme de l’Etat Libre. Les paroles étaient comme ça : " Toi, Stridjom, tu as touché aux femmes, tu as déplacé un rocher, tu vas mourir ! ".Un chant qui épingle Johannes Gerhardus Strijdom (1893-1958), un afrikaner « pur et dur » surnommé le «lion du Transvaal» où il est le chef du parti national, avant de prendre la tête du parti au niveau national et du gouvernement le 30 novembre 1954. Un premier ministre qui élimine du gouvernement les éléments les plus modérés pour ne garder que les plus radicaux afin de poursuivre une politique d'apartheid toujours plus dure, notamment en retirant le droit de vote aux métis du Cap et en étendant la répression politique contre 156 activistes noirs dont Nelson Mandela impliqués dans la rédaction de la charte de la liberté.

Cet avocat de formation est partisan d'une ségrégation plus poussée encore que ne le prévoit l'apartheid. Il préconise le « baasskap », c’est-à-dire la domination blanche, complète et absolue du maître. Il croit aux relations maître-esclave et refuse toute collaboration avec les autres races ce qui signifierait, pour lui, une mort lente.

Mais face à lui se dressent ce jour du 9 août 1956 les femmes sud-africaines, premières victimes de l’oppression qui ont compris la nécessité de mener de front, ensemble, la lutte.

La Charte des Femmes a été adoptée le 17 avril 1954 à l’issue de la conférence fondatrice de la Fédération des Femmes Sud-Africaines (The Federation of South African Women). Elle a pour préambule des mots prémonitoires d’une Afrique démocratique, non-raciale et non-sexiste : « Nous femmes d’Afrique du Sud, épouses et mères, Africaines, Indiennes, Européennes et Métisses déclarons notre objectif de combattre pour l’abolition de toutes les lois, règlements, conventions et coutumes qui nous discriminent en tant que femmes, et qui nous privent de l’accès à nos droits fondamentaux, aux avantages, responsabilités et opportunités que la société offre à toutes les autres sections de la population ».Les prémices de la « nation arc-en-ciel » où il reste encore de nos jours des combats à mener comme le révèlent ,par exemple, ces chiffres de la police, une Sud-Africaine est violée toutes les 35 secondes et seule une affaire de viol sur 20 fait l'objet d'une plainte.