Un jour de décembre...

Rosa Parks
Rosa Parks

 " Je voudrais que l'on se souvienne de moi comme d'une personne qui voulait être libre, pour que les autres le deviennent aussi." 

 

Le 1 Décembre 1955 à Montgomery, aux États-Unis, aurait pu être un jour comme les autres dans cette Amérique minée par la ségrégation où noirs et blancs ne se mélangent pas conformément à la politique du « separate but equal »  (« séparés mais égaux ») en vigueur depuis l'arrêt Plessy de 1896.Homer Plessy, mulâtre de Louisiane, né libre , achète le 7 juin 1892, un billet de première classe, auprès de l'« East Louisiana Railroad ».La compagnie de chemins de fer avertie de son origine "raciale" engage un détective privé pour procéder à son arrestation dès qu'il prend place ,assis, dans le wagon réservé aux blancs. Il est jeté dehors sans ménagement. Plessy, soutenu par le Comité des Citoyens, s'engage dans une bataille juridique, d'abord devant la Cour de district considérant que la loi de 1890 viole le treizième et le quatorzième amendements, qui entérinent l'abolition de l'esclavage, et accorde la citoyenneté et une égale protection des droits à tous ceux qui sont nés sur le territoire des États-Unis .Le procès «  Plessy vs State of Louisiana » constitue la deuxième étape de la bataille judiciaire. Le juge Ferguson, déjà présent lors du premier procès, tranche en faveur de l'indépendance législative de l'état, et Plessy est débouté, condamné à une amende de 25$. Le Separate Car Act est ainsi jugé constitutionnel, à la condition qu'il ne s'applique que dans l'état de Louisiane.

Quatre ans après le funeste voyage d'Homer Plessy, en 1896, l'affaire est portée devant la Cour Suprême des Etats-Unis d'Amérique.Le 18 mai 1896, par sept voix contre une, l'un des juges étant absent en raison du décès de sa fille, la Cour Suprême rejette le recours de Plessy, et ne constate aucune violation de la loi par l'état de Louisiane. La mesure y est même présentée comme indispensable pour éviter les troubles à l'ordre public.Tout en réaffirmant le principe de l'égalité puisque les noirs, comme les blancs ont accès aux trains de la compagnie, 

Le 1er décembre 1955 sera finalement tout sauf un jour ordinaire en raison du ras-le-bol d'une couturière noire de 42 ans qui allait décider,sans l'avoir préméditer,de briser le silence et de dire « NON ». Cette femme ,qui embarque comme chaque matin à bord du bus l'amènant au travail va changer un détail à ses habitudes,un détail perçu comme un crime de « lèse-majesté » dans le contexte ségrégationniste où les noirs ne sont pas des citoyens à part entière . Cette femme dénommée Rosa Louise McCauley Parks, et connu sous le nom de Rosa Parks tient tête au chauffeur du bus qui lui demande de se lever pour laisser sa place assise à un blanc, elle dit « NON ! ». Il la menace d’appeler les policiers, elle répond  : “Faites donc ! ”.

Après ces quelques mots,sa vie va basculer,plus rien ne sera jamais comme avant pour celle qui deviendra une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis .Elle confiera plus tard : “Je voyais passer le bus chaque jour. Mais pour moi, c'était comme ça. Nous n'avions d'autre choix que d'accepter ce qui était notre quotidien, un très cruel quotidien. Le bus fut un des premiers éléments par lesquels je réalisais qu'il y avait un monde pour les Noirs et un monde pour les Blancs ”. Ce 1er décembre 1955, Rosa Parks est arrêtée et conduite au poste de police, comme une vulgaire criminelle qui a osé vouloir être traitée comme une citoyenne ,au même titre que les blancs. Qu'à cela ne tienne, elle vient de semer la graine de la révolte qui germe à vue .Ed Nixon, responsable du bureau local de la National association for the advancement of colored people, où Rosa Parks travaille comme secrétaire, prend contact avec l'avocat Clifford Durr et l'a font libérer. Elle devient le symbole du collectif «Montgomery Improvement association» animé par le pasteur Martin Luther King qui lance le boycott de la compagnie d'autobus . Les dirigeants du mouvement noir font appel auprès de la cour fédérale de l'Alabama afin de clamer le caractère inconstitutionnel de la ségrégation raciale dans les transports publics. Ils remportent une première victoire avec la condamnation de la ségrégation raciale dans les bus par la Cour suprême de l'Alabama, le 5 juin 1956.

La décision est confirmée le 5 décembre par la Cour Suprême des États-Unis. Le 20 décembre 1956, enfin assurés de leur victoire, les Noirs de Montgomery mettent fin à 381 jours de boycott. C'est le début d'une longue lutte non-violente pour l'intégration des Noirs dans la société américaine. Il faudra ensuite prendre son mal en patience durant neuf longues années de lutte pour qu’en 1964 une loi interdise finalement aux Etats-Unis toute forme de discrimination basée sur la race, la couleur, le sexe, la religion ou la nationalité. 


Piqûre de rappel…Le 1 Décembre 1989 meurt à New York Alvin Ailey, danseur et chorégraphe afro-américains des plus réputés et productif avec plus de 79 ballets tout au long de sa vie avec la "Alvin Ailey American Dance Theater", devenue l'une des plus importantes compagnies de danse à New York. Alvin Ailey a popularisé la danse contemporaine à travers des tournées nationales et internationales, financées par le secrétariat d'état américain.

En 1987, il a reçu un American Dance Festival Award pour l'ensemble de sa carrière.


Piqûre de rappel…Le 1 Décembre 2017 meurt à Paris le Docteur Abba Sidick, homme politique et nationaliste qui a marqué l’histoire du Tchad.

Membre fondateur du Front de libération nationale du Tchad,(Frolinat) le premier mouvement révolutionaire tchadien dans les années 60.

Né le 25 décembre 1924 en Oubangui Chari (ancien nom de la République centrafricaine),le docteur en médecine, Abba Siddick a combattu pour l'indépendance, avant de devenir ministre de l'Education sous le président François Tombalbaye (en poste de 1960 à 1975), avant de rejoindre le mouvement rebelle du Front national de libération du Tchad pour la paix, la cohésion nationale et la stabilité. 

Le Frolinat, opposé au pouvoir de Tombalbaye, accusé de discriminer les populations musulmanes du nord du Tchad, accèdera au pouvoir en 1979.

En 1970, à la mort du fondateur du groupe, Ibrahim Abatcha, Abba Siddick prend la tête du Frolinat jusqu'en 1978, quand le futur président tchadien Goukouni Oueddei (en poste de 1979 à 1982) lui succède.

Abba Siddick sera ministre de l'Education nationale sous la présidence de Hissène Habré (1982 à 1990).

Installé depuis plusieurs années en France, il assumait les fonctions de conseiller à la francophonie. 

Il a été inhumé au cimetière de Lamadji au nord de Ndjamena . 


« Même s'il est un gentleman blanc, John Brown est aussi profondément intéressé par notre cause que si son âme avait été transpercée par le fer de l'esclavage »

 

Frédérick Douglass (1818-1895)

 

Piqûre de rappel…Le 2 décembre 1860, John Brown,abolitionniste,fut pendu à Charles Town, où il était incarcéré pour haute trahison,incitation à l'insurrection et au meurtre.

Au cours de son procès, John Brown gagna l'admiration de certaines personnalités par sa dignité, son éloquence et son implacable engagement anti-esclavagiste. 

Il devint un véritable symbole de la lutte contre l'esclave et décrit à la fois comme un martyr ou un terroriste. 

La chanson "John Brown's Body" (titre original de Battle Hymn of the Republic) devint un hymne nordiste durant la guerre de Sécession.

John Brown est né le 9 mai 1800 à Torrington dans l'Etat du Connecticut. Son père, un fervent religieux calviniste, s'opposait à l'esclavage et croyait que le fait de maintenir un homme en esclavage était un acte contre Dieu.

Pendant la guerre de 1812, John Brown se rendit dans les régions inexplorées du Michigan. Il logea chez un homme propriétaire d'un esclave. John Brown était bien traité contrairement à l'esclave qui était systématiquement battu avec une pelle, sous ses yeux. 

Ces scènes de violence restèrent gravées à jamais dans sa mémoire.

A la tête d'une famille nombreuse, John Brown impliqua chacun dans la lutte pour l'abolitionnisme. 

Le 7 Novembre 1837 à la suite de l'assassinat de son ami Elijah Lovejoy, un éditeur d'un journal abolitionniste, John Brown fit le serment de mettre fin par tous les moyens à l'esclavage.

En 1849, John Brown s'installa parmi une communauté noire au nord de la ville de Elba dans l'Etat de New-York créée à l'initiative de Gerrit Smith. 

Ce généreux philanthrope fit don de 50 âcres de terre aux familles noires disposées à défricher et à cultiver la terre. 

En juin 1855, John Brown décida de partir au Kansas avec ses fils combattre les colons esclavagistes.

Les 24-25 mai 1856, suite au pillage de la ville de Lawrence dans le Kansas par des esclavagistes venus de l'Etat du Missouri et à l'agression du sénateur abolitionniste, Charles Summer, John Brown accompagné de ses fils et de trois autres hommes, décidèrent de se venger. 

Ils enlevèrent cinq colons esclavagistes près de Pottawatomie Creek puis les tuèrent à coup de sabre.

En août 1856 John Brown lança avec ses hommes un raid sur la ville d'Ossawatomie.

En mai 1858, John Brown retourna au Kansas sous le pseudonyme de Shubel Morgan. 

Chevauchant à travers le Missouri, il attaqua deux fermiers propriétaires d'esclaves. Il leur confisqua leurs biens et libéra onze esclaves dont deux allaient se joindre plus tard à la bande. 

En 28 jours, il couvrira plus de 600 kilomètres afin de rejoindre le Canada et de redonner la liberté aux esclaves.

Le 27 octobre 1859, l'Etat de Virginie organisa rapidement le procès de John Brown accusé de haute trahison, d'incitation à l'insurrection et de meurtre. 

Au cours de son procès,il gagna l'admiration de certaines personnalités par sa dignité, son éloquence et son implacable engagement anti-esclavagiste. Il devint un véritable symbole de la lutte contre l'esclave et rapidement un martyr.

Le 2 novembre 1859, le jury condamna John Brown à être pendu, après cinquante cinq minutes de délibération.

Le 2 décembre 1859 John Brown fut pendu. 


« J’ai découpé et dissous dans l’acide le corps de Lumumba .En pleine nuit africaine ».

 

Gérard Soete, le 15 mai 2002

 

Piqûre de rappel…Le 3 décembre 1960 au matin, l'ex-Premier Ministre Patrice Émery Lumumba est transféré au camp militaire de Thysville dans le Bas-Congo ,aujourd’hui connu sous le nom de Mbanza-Ngungu.

Il y restera jusqu’au 17 janvier 1961, jour où il est transféré avec ses 2 compagnons,notamment Joseph Okito et Maurice Mpolo, à Élisabethville pour être assassinés le même jour.

Ils seront fusillés le soir même.

Les agents secrets belges s'activent pour faire disparaître dans l'acide les restes des victimes "découpées" auparavant en morceaux. 

Plusieurs de ses partisans seront exécutés dans les jours qui vont suivre, avec la participation de militaires, ou mercenaires belges. 

En 2000, le sociologue belge Ludo De Witte publie chez Karthala "L'Assassinat de Lumumba", dans lequel il met en cause les responsables belges, précisant que ce sont des Belges « qui ont dirigé toute l’opération du transfert de Lumumba au Katanga, jusqu’à sa disparition et celle de son corps ». 

En 2003, le Documentaire télévisé "CIA guerres secrètes" explique que les États-Unis auraient tenté de faire assassiner Lumumba mais le plan avait échoué au niveau du choix de l'assassin ; l'opération avait été ordonnée par Allen Dulles qui avait mal interprété la volonté du président Dwight Eisenhower.

Le 21 juin 2007 ,les archives de la CIA ont été déclassifiées et indiquent que la CIA a monté un plan d'assassinat de Lumumba :

En avril 2013, dans une contribution au magazine London Review of Books, le Lord travailliste David Lea affirme que Daphne Park, une ancienne cadre du MI6, lui a confié en 2010 avoir « organisé » l'assassinat de Patrice Lumumba.

Le rôle des puissances occidentales et celui des États-Unis en particulier a été fortement évoqué dans la mort de Lumumba.

Le gouvernement belge a reconnu, en 2002, une responsabilité dans les événements qui avaient conduit à la mort de Lumumba : " À la lumière des critères appliqués aujourd'hui, certains membres du gouvernement d'alors et certains acteurs belges de l'époque portent une part irréfutable de responsabilité dans les événements qui ont conduit à la mort de Patrice Lumumba. Le Gouvernement estime dès lors qu'il est indiqué de présenter à la famille de Patrice Lumumba et au peuple congolais ses profonds et sincères regrets et ses excuses pour la douleur qui leur a été infligée de par cette apathie et cette froide neutralité".

Le 23 juin 2011, la famille de Patrice Lumumba a déposé plainte, à Bruxelles, contre une dizaine de Belges qu’elle considère comme impliqués dans l’assassinat.

« J’ai découpé et dissous dans l’acide le corps de Lumumba .En pleine nuit africaine, nous avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les corps. Le plus dur fut de les découper en 32 morceaux, à la tronçonneuse, avant d’y verser de l’acide. Il n’en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l’odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare ».

Gérard Soete, le 15 mai 2002

 


« N'an laara, an saara»  (Si nous nous couchons, nous sommes morts) 

 

Joseph Ki-Zerbo ( 1922-2006)

 

Piqûre de rappel…Le 4 décembre 2006 meurt à Ouagadougou le Professeur Joseph Ki-Zerbo, agrégé d'histoire, diplômé de sciences politiques et homme politique burkinabè.

Il a enseigné à Dakar,capitale de l’AOF avant d’aller à Conakry au lycée Donka. "Pas pour la révolution, dira-t-il plus tard. C’était surtout pour la libération. Ne confondons pas les choses". Il s’agissait "de nous mettre au service de la Guinée indépendante pour que l’expérience n ’échoue pas ; pas de Sékou Touré en tant que tel".

Joseph Ki-Zerbo naît le 21 juin 1922 à Toma, petite bourgade située à environ 180 km au Nord–Ouest de la Capitale, Ouagadougou. Il a fait ses études aux séminaires de Pabré (Haute volta) et Faladiè (Soudan français) et obtenu le Baccalauréat en 1949, alors qu’il était surveillant au Lycée Terrasson de Fougères de Bamako (Soudan français). 

Le Professeur Joseph Ki-Zerbo a consacré sa vie à la cause de l’Afrique ( l'indépendance,la construction,le développement) dans toutes ses dimensions (historique, économique et culturelle).

Il plaidait pour une Afrique unie. 

Joseph Ki-Zerbo a effectué des études en sciences politiques et en histoire, à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (IEPP) et à la Sorbonne. 

Diplômé de l'IEPP en 1955, il obtient son Agrégation d'Histoire en 1956, devenant le premier Africain noir à avoir ce titre. 

De 1949 à 1956, tout en se consacrant à ses études, Joseph Ki-Zerbo mène une vie militante intense. 

Il est, entre autres, co-fondateur et premier Président de l'Association des Etudiants Voltaïques en France (AEVF); et de l'Association des Etudiants Catholiques Africains, Antillais et Malgache. 

A la même époque, il commence à écrire des articles engagés dans des revues telles que "Tam-Tam" (qu’il a contribué à fonder) et "Présence Africaine ".

Dans l'un de ces articles, publié en 1956 sous le titre de "On demande des Nationalistes", il exprime sans ambigüité, ses vues pour une Afrique Indépendante Unie. 

Plus tard, il se consacrera à écrire l'histoire de l'Afrique et à décrire les conditions de son développement endogène. 

En 1958, le Professeur Joseph Ki-Zerbo confirme son engagement politique par la création du Mouvement de Libération Nationale (MLN) avec une vocation régionale. 

Sous la bannière de celui-ci, il mène la campagne pour le NON au référendum du 28 septembre organisé la même année par le Général de Gaulle. 

Il se porte ensuite, avec son épouse, au secours de la Guinée (seule à avoir voté NON à ce fameux référendum) pour contribuer à pallier le départ des enseignants français. 

Dans le même temps, il développe et renforce ses relations avec les combattants de l'indépendance africaine et les grands leaders du panafricanisme tels que Kwame N'Krumah, Patrice Lumumba, Gamal Abdel Nasser, Franz Fanon, Aimé Césaire, Amilcar Cabral. 

A partir de 1960, l'action politique de Joseph Ki-Zerbo va se situer en Haute Volta où, constamment leader, il siègera au Parlement de 1970 à 2006. 

En outre, en 1980, il initie la création du Centre d'Etude pour le Développement Africain (CEDA) qui prône le "développement endogène". 

En plus des fonctions assumées dans l'enseignement au Burkina Faso, le Professeur Joseph Ki-Zerbo a occupé de nombreuses fonctions internationales au nombre desquels on peut citer: membre du Conseil Exécutif de l'UNESCO (1972-1978); Secrétaire Général du Conseil Africain et Malgache pour l'Enseignement Supérieur – CAMES (1967-1979); Président de l'Association des Historiens Africains (1975- 2005). 

Il a également reçu de nombreuses décorations dont des titres de Docteur Honoris Causa et de Commandeur de l'ordre des Palmes Académiques.

Il a laissé un riche héritage d'écrits, d'idées et d'orientations qui méritent d'être pérenniser.

C'est dans ce sens qu'il faut comprendre la création de "la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour l'histoire et le développement endogène de l'Afrique", du "Comité International Joseph Ki-Zerbo " et de la "Génération Joseph Ki-Zerbo ". 

On peut mentionner ses principaux ouvrages : "Histoire générale de l'Afrique" vol I (1978) et vol IV (1991), "Eduquer ou Périr" (1990), "La natte des autres (dir.)" (1992), "A quand l'Afrique ?" (2005) 


Piqûre de rappel…Le 5 décembre 2013 meurt à 95 ans Nelson Rolihlahla Mandela de la chefferie xhosa, figure emblématique de la lutte contre l'apartheid, Prix Nobel de la paix,et, 1er président noir de l'Afrique du Sud.Il disait : « Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès »….


« Chaque fois qu'un Homme a fait triompher la dignité de l’esprit,chaque fois qu'un Homme a dit NON à une tentative d'asservissement de son semblable,je me suis senti solidaire de son acte »  

 

Frantz Fanon ( 1925-1961)

 

Piqûre de rappel…Le 6 décembre 1961 meurt à Washington,Frantz Fanon,Médecin psychiatre, écrivain, combattant anti-colonialiste.

Il avait 36 ans.

Frantz Fanon naît le 20 juillet 1925 à Fort-de-France en Martinique.

Il fait ses études secondaires au lycée SCHOELCHER, ses études supérieures à la faculté de médecine de Lyon.

En 1952, il publie son essai fondamental "Peau noires, masques blancs" où la question du racisme et de ses victimes, véritablement aliénées,y est abordée d’un point de vue psychiatrique.

L'ouvrage fait scandale, y compris dans les milieux intellectuels parisiens dits progressistes, où Fanon découvre à quel point les préjugés sont virulents sous le vernis de la bonne conscience.

En 1953, il est nommé,  Médecin-chef de l'hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie. 

En 1956, deux ans après le déclenchement de la guerre de libération nationale en Algérie, il choisit son camp, celui des colonisés et des peuples opprimés. 

Il rejoint le Front de Libération Nationale (FLN) et remet sa démission de son poste à l'hôpital au gouverneur de l’Algérie, Robert Lacoste, qui l’expulse.

Dès lors Fanon, réfugié à Tunis, prend une part active au FLN.

Après avoir participé en 1959 à la délégation algérienne au congrès panafricain d’Accra, il est nommé ambassadeur du gouvernement provisoire algérien au Ghana.

Il eut d'importantes responsabilités au sein du FLN, membre de la rédaction de son organe central, "El Moudjahid" dont les écrits en faveur de l’indépendance ont enflammé toute une jeunesse prête à se battre contre le colonialisme. 

Il fut chargé de mission auprès de plusieurs Etats d'Afrique, ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) au Ghana. 

Il échappa à plusieurs attentats au Maroc, en Italie. 

Atteint d’une leucémie, il est soigné à Moscou, puis à Washington où il meurt sous le nom d’Ibrahim Frantz Fanon.

Il est enterré, selon ses vœux, en terre algérienne.

“Le docteur Ibrahim Frantz Fanon” est inscrit sur sa tombe,dans le carré des martyrs de Aïn Karma, à 20 km au sud-ouest du chef-lieu d'El Tarf.

« C'est un Paraclet », a dit de lui Aimé Césaire.

 

Ses ouvrages :

Peau Noire, Masques Blancs , Editions du seuil 1952 .

L’an v de la révolution algérienne, réédité en 1966 sous le titre " Sociologie d’une révolution . "

Pour la révolution africaine, (1964)

Les damnés de la terre (1961)

Les annales médico-psychologiques (1953)

Congrès des mèdecins aliénistes et neurologistes de France et pays de langues française (1953) avec le Dr François Tosquelles

" Sur essai de réadaptation chez un malade avec épilepsie morphiques et troubles de caractère graves avec le Dr François Tosquelles

" Notes sur les techniques de sommeil avec conditionnement et contrôle encéphalographique " avec les Dr Espinay et Zenner

" Conduites d’aveu en Afrique du Nord "avec le Dr Lacaton (1955)

"Le TAT chez la femme musulmane sociologie de la perception et de l'imagination"avec le Dr Géromini (1956)

Revue pratique et sociologie de la vie sociale et D’hygiène mentale n°1, 1956," l’attitude de musulmans magrébins devant la folie "

La Tunisie médicale Vol 36 et 37 (1958/1959)

Conscience maghrébine (1955) " Réflexions sur l’ethnopsychiatrie "

L’information psychiatrique(1954)

* La socialthérapie dans un service d’ "hommes musulmans " avec le Dr Azoulay

* Aspects actuels de l’assistance mentale en Algérie avec les Dr Dequer, Lacaton, Micusi et Ramee

Maroc médical, janvier 1957, "signification psychopathiques "


« C’est l’homme qui honore le titre et non le titre qui honore l’homme.»

 

Félix Houphouët-Boigny ( 1905-1993)

 

Piqûre de rappel…Le 7 décembre 1993 meurt Félix Houphouët-Boigny né Dia Houphouët, devenu en 1915 Félix Houphouët, puis Houphouët-Boigny en 1945.

Père de l’indépendance de la Côte d’Ivoire,il est constamment réélu de 1965 à 1990. 

Médecin à partir de 1925, il devient en 1939 administrateur de son canton d’origine.

En 1944,il fonde le Syndicat agricole africain (SAA), puis le Parti démocratique de Côte-d’Ivoire (PDCI).

En 1945, il est le seul député autochtone de la Côte d’Ivoire à l’Assemblée constituante française. 

En octobre 1946,il met en place le Rassemblement démocratique africain (RDA) qu’il présidera.

Elu aux deux Assemblées constituantes (1945 et 1946), il fait adopter la suppression du travail forcé dans les colonies d’Afrique.

Le 3 Mars 1957 après l’adoption le 23 juin 1956 de la loi-cadre Defferre donnant l'autonomie aux colonies africaines, une élection territoriale est organisée en Côte-d’Ivoire,remportée par le PDCI.

Houphouët-Boigny, qui occupe déjà les fonctions de ministre en France,président de l'Assemblée territoriale depuis 1953 (ayant succédé à Victor Capri Djédjé) et de maire d’Abidjan depuis novembre 1956,décide de nommer Auguste Denise,vice-président du Conseil de gouvernement, qui est présidé par le gouverneur français, de Nattes.

Député de la Côte d’Ivoire jusqu’en 1959, il devient président du Grand Conseil de l’AOF de mai 1957 à mai 1958. 

De tous les gouvernements français, de 1956 à 1959,cinq fois ministre du gouvernement français (de février 1956 à juillet 1959) c'est l’un des rédacteurs de la Constitution de la Ve République, favorable à la Communauté franco-africaine prônée par de Gaulle.

Il se résout néanmoins à proclamer en 1960 l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

Il est élu président de Côte d’Ivoire le 27 novembre 1960, après l’accession à l’indépendance. 

L’Assemblée nationale est composée de députés désignés par le président dont ils votent les lois et les budgets.

Pour déjouer toute tentative de putsch, le président ivoirien réduit au strict minimum les Forces armées nationales de Côte d'ivoire crées le 27 juillet 1960.

La défense est confiée aux forces armées françaises qui, par le traité de coopération en matière de défense du 24 avril 1961, stationnent à Port-Bouët et peuvent intervenir dans le pays à la demande d’Houphouët-Boigny ou lorsqu’elles considèrent que les intérêts français sont menacés.


« Le mystère ultime est soi-même..»

Sammy Davis, Jr. ( 1925-1990)

 

Piqûre de rappel…Le 8 décembre 1925 naît Sammy Davis Jr, danseur, chanteur, comédien, impressionniste et musicien (vibraphone, trompette et batterie). 

Devenu une star incontournable, Sammy Davis Jr. refuse de jouer dans les salles qui pratiquent la ségrégation. 

Ses refus auraient participé à l'arrêt des discriminations dans les clubs de Las Vegas et Miami Beach, et dans les casinos de l'Etat du Nevada.

Fils d'Elvera Sanchez, une danseuse, et de Sammy Davis Sr, un artiste touche-à-tout afro-américain ,il naît dans le quartier de Harlem à New York. 

Enfant, il apprend la danse grâce à son père et à son « oncle », Will Mastin, le leader de la troupe où danse Sammy Sr.,et,forme avec eux le Will Mastin Trio

Tout au long de sa carrière,Sammy Davis Jr. reversera une partie de ses cachets aux membres de son ancien groupe.

Son père et Will Mastin font tout pour le protéger du racisme ambiant. 

Ils lui expliquent, par exemple, que les railleries dont il est victime pendant la Seconde Guerre mondiale sont l'expression de la jalousie. 

Sammy Jr., qui est enrôlé dans les forces américaines, se voit alors confronté au racisme pour la première fois. 

Il racontera : « La nuit, le monde était différent. Ce n'était plus une question de couleur. C'est là que je me suis rendu compte que mon père et Will m'avaient protégé jusque-là. Ils avaient espéré que je puisse échapper aux moqueries et à la haine. Je leur en étais reconnaissant, mais ils avaient eu tort. C'était comme si j'étais passé par une porte battante pendant 18 ans, une porte qu'ils avaient secrètement toujours laissé ouverte. »

Malgré les railleries, Sammy Jr. rejoint une unité de divertissement pendant son service militaire, et découvre que les projecteurs constituent une sorte de bouclier contre le racisme. 

« Mon talent était une arme, une force, un moyen de me défendre. C'était le seul moyen dont je disposais pour tenter de faire réfléchir la personne en face de moi », a-t-il déclaré.

De retour à la vie civile, il participe à des spectacles de danse et de chant, et commence à connaître le succès. 

Il finit par se faire repérer par une maison de disque et enregistre un premier album en 1954, Starring Sammy Davis Jr.

Un deuxième disque, Just for lovers paraît l'année suivante. 

En 1956, alors que sa carrière décolle, il décroche un second rôle à Broadway dans la comédie musicale Mr. Wonderful aux côtés de son père et de Will Mastin. 

Le spectacle est un succès, et connaîtra près de 400 représentations.

En 1959, son vieil ami Frank Sinatra l'invite à rejoindre le Rat Pack, un groupe créé et emmené par The Voice, et dont Sammy Davis Jr.et Dean Martin constituent les membres les plus populaires auprès du public. 

Le Rat Pack enregistre des dizaines de disques et tourne de nombreux films, parmi lesquels L'Inconnu de Las Vegas (Ocean's Eleven) en 1960 ou Les Sept Voleurs de Chicago (Robin and the Seven Hoods) en 1964. 

De 1960 à 1966, la troupe (qui comprend de nombreuses autres stars de l'époque comme Peter Lawford ou Joey Bishop) joue à guichets fermés dans toute l'Amérique avec un spectacle mêlant musique et comédie. 

Le Sands Hotel de Las Vegas, véritable quartier général du Rat Pack (et propriété de Frank Sinatra) voit défiler les plus grandes célébrités des années 60 (y compris des hommes politiques) qui viennent assister à des représentations faisant de la ville du Nevada le centre du monde du divertissement. 

Devenu une star incontournable,Sammy Davis Jr. refuse de jouer dans les salles qui pratiquent la ségrégation. 

Sa carrière faillit se briser le 19 novembre 1954 : il est victime d'un accident de voiture sur un passage à niveau de la Route 66 à hauteur de San Bernardino (Californie), alors qu'il se rend à l'enregistrement du générique du film de Tony Curtis La Police était au rendez-vous (Six Bridges to Cross).

Il échappe de justesse à la mort mais perd l'usage de son œil gauche,il portera un œil de verre jusqu'à sa mort.

Sammy Davis Jr. meurt à Beverly Hills le 16 mai 1990 à 64 ans.

Il est enterré au cimetière du Forest Lawn Memorial Park de Glendale (Californie), aux côtés de son père et de Will Mastin.

 


Piqûre de rappel…Le 9 décembre 1960,le colonel Mobutu, qui a pris le pouvoir,arrête Patrice Emery Lumumba et le fait transférer au Katanga où il est assassiné le 17 janvier 1961. Le 14 Février 1961, Moïse Tshombé déclare qu’il a été abattu lors d’une tentative d’évasion de la prison d’Élizabethville (aujourd’hui Lubumbashi). L’exécution de ce symbole de la lutte anticolonialiste africaine souleva un tel scandale dans le pays et sur le continent qu’en 1966 le général Mobutu le proclama héros national et martyr…


« Le Requin se rend. Mais, les fils du Dahomey ne trahiront pas »

 

Béhanzin, roi du Dahomey (1845-1906)

 

Piqûre de rappel…Le 10 décembre 1906, Béhanzin, roi du Dahomey, meurt loin de sa patrie, inhumée au cimetière Saint-Eugène d'Alger. Ce n’est qu’en 1928 que le gouvernement français accorde à sa famille que ses cendres retournent à Abomey. 

Sa dépouille retrouve le sol ancestral. 

Il est solennellement inhumé à Djimé, le 9 mars 1928.

Il prononce son dernier discours le 20 janvier 1894,rendant hommage à son armée,à la bravoure des soldats et des amazones:

 

« Compagnons d'infortune, derniers amis fidèles, vous savez dans quelles circonstances, lorsque les Français voulurent accaparer la terre de nos aïeux, nous avons décidé de lutter.

Nous avions alors la certitude de conduire notre armée à la victoire. Quand mes guerriers se levèrent par millier pour défendre le Dahomey et son roi, j'ai reconnu avec fierté la même bravoure que manifestaient ceux d'Agadja, de Tégbessou, de Ghézo et de Glèlè.

Dans toutes les batailles j'étais à leurs côtés.

Malgré la justesse de notre cause, et notre vaillance, nos troupes compactes furent décimées en un instant.

Elles n'ont pu défaire les ennemis blancs dont nous louons aussi le courage et la discipline.

Et déjà ma voix éplorée n'éveille plus d'écho.

Où sont maintenant les ardentes amazones qu’enflammait une sainte colère ? 
Où, leurs chefs indomptables : Goudémè, Yéwê, Kétungan ?


Où, leurs robustes capitaines : Godogbé, Chachabloukou, Godjila ?


Qui chantera leurs splendides sacrifices ?

Qui dira leur générosité ? 
Puisqu'ils ont scellé de leur sang le pacte de la suprême fidélité, comment accepterais-je sans eux une quelconque abdication ? 
Comment oserais-je me présenter devant vous, braves guerriers, si je signais le papier du Général ?

Non ! A mon destin je ne tournerai plus le dos. Je ferai face et je marcherai.

Car la plus belle victoire ne se remporte pas sur une armée ennemie ou des adversaires condamnés au silence du cachot.

Est vraiment victorieux, l'homme resté seul et qui continue de lutter dans son cœur.

Je ne veux pas qu'aux portes du pays des morts le douanier trouve des souillures à mes pieds.

Quand je vous reverrai, je veux que mon ventre s'ouvre à la joie. Maintenant advienne de moi ce qui plaira à Dieu !

Qui suis-je pour que ma disparition soit une lacune sur la terre ?

Partez vous aussi, derniers compagnons vivants.

Rejoignez Abomey où les nouveaux maîtres promettent une douce alliance, la vie sauve et, paraît-il, la liberté.

Là-bas, on dit que déjà renaît la joie.

Là-bas, il paraît que les Blancs vous seront aussi favorables que la pluie qui drape les flamboyants de velours rouge ou le soleil qui dore la barbe soyeuse des épis.

Compagnons disparus, héros inconnus d'une tragique épopée, voici l'offrande du souvenir : un peu d'huile, un peu de farine et du sang de taureau.

Voici le pacte renouvelé avant le grand départ.

Adieu, soldats, adieu !...

Guédébé...reste debout, comme moi, comme un homme libre. Puisque le sang des soldats tués garantit la résurrection du Dahomey, il ne faut plus que coule le sang.

Les ancêtres n'ont plus que faire de nos sacrifices. Ils goûteront mieux le pur hommage de ces cœurs fidèles unis pour la grandeur de la patrie. 


C'est pourquoi j'accepte de m'engager dans la longue nuit de la patience où germent des clartés d'aurore. 


Guédébé, comme le messager de la paix, va à Ghoho où campe le général Dodds. 
Va dire au conquérant qu'il n'a pas harponner le requin. 


Va lui dire que demain, dès la venue du jour, de mon plein gré, je me rends au village de Yégo. 


Va lui dire que j'accepte, pour la survie de mon peuple, de rencontrer dans son pays, selon sa promesse, le président des Français. »

Le 26 janvier 1894, le roi Béhanzin arrive à Goho pour rencontrer le général français Dodds et mit fin à la guerre.

Le roi Béhanzin a aussi laissé ce message pathétique aux enfants de son pays : "Le Requin se rend. Mais, les fils du Dahomey ne trahiront pas".


« Les morts ne sont pas sous la terre,Ils sont dans l'arbre qui frémit,Ils sont dans le bois qui gémit…. »

 

Birago Diop (1906-1989)

 

Piqûre de rappel…Le 11 Décembre 1906 naît Birago Diop, écrivain et poète de la négritude qui traduit sa prédilection pour la tradition orale des griots en publiant des contes notamment d'Amadou Koumba.

Né près de Dakar, il reçut une formation coranique et suivit simultanément les cours de l'école française. 

Pendant ses études de médecine vétérinaire à Toulouse, il reste à l'écoute des travaux des africanistes, et s'associe à la fin des années 1930 au mouvement de la Négritude qui comptait alors Senghor,et,Césaire. 

C'est à Paris qu'il composa en 1942 les Contes d'Amadou Koumba (publiés en 1947), marquant dès ce premier livre sa prédilection pour la tradition orale des griots, ces conteurs populaires dont il ne cessa jamais d'écouter la voix. Respectueux de l'oralité, il affina un talent original d'écrivain dans les Nouveaux Contes d'Amadou Koumba (1958) et Contes et Lavanes (1963); son recueil de poèmes Leurres et Lueurs (1960) est profondément imprégné de culture française alliée aux sources d'une inspiration purement africaine. 

Sa carrière diplomatique, après l'indépendance, et son retour à son premier métier de vétérinaire à Dakar n'entravent pas son exploration de la littérature traditionnelle africaine, mais il déclara avoir « cassé sa plume ».

Il publia néanmoins la Plume raboutée et 4 autres volumes de mémoires de 1978 à 1989. 

SOUFFLES : « Ceux qui sont morts ne sont jamais partis,Ils sont dans l'ombre qui s'éclaire,Et dans l'ombre qui s'épaissit,Les morts ne sont pas sous la terre,Ils sont dans l'arbre qui frémit,Ils sont dans le bois qui gémit….» 


Piqûre de rappel…Le 12 Décembre 1962 à l'ouverture du 1er congrès international des africanistes au Ghana,Kwame Nkrumah prononce un discours :

« À partir du moment où l’histoire de l’Afrique est expliquée en fonction des intérêts du commerce et du capital européens, de ceux de leurs missionnaires et administrateurs, il n’est pas étonnant que le nationalisme africain soit

considéré comme pervers et le colonialisme comme vertueux.Vous, qui êtes réunis ici aujourd’hui, décidés à mettre en commun votre immense savoir sur l’Afrique pour le progrès des Africains.Vos efforts marquent un renouveau de l’intérêt scientifique pour les études africaines et devraient se diriger vers l’évaluation et l’examen minutieux,objectifs et impartiaux, des réalités africaines. Au moment où certains d’entre nous s’attèlent à l’unification politique de l’Afrique, les Africanistes, où qu’ils soient, doivent également aider à l’édification des bases spirituelles et

culturelles de l’unité de notre continent »….


« Pourquoi les gens ont faim? Pourquoi avez-vous faim? Et pourquoi n’avez-vous pas mangé? La question est fondamentale, parce que si vous vous dites que vous avez faim,il y a deux solutions, soit il n’y a pas de nourriture, soit quelqu’un a mangé votre plat ! Est-ce que vous devez commencer à vous plaindre en disant j’ai faim ou alors demander qui a mangé mon plat?»

 

Norbert Zongo (1949-1998)

 

Piqûre de rappel…Le 13 décembre 1998 est assassiné le journaliste Burkinabè Norbert Zongo et trois de ses compagnons à Sapouy à 100 kilomètres au Sud de Ouagadougou au Burkina-Faso.

Les corps du journaliste, de son frère, son chauffeur et un autre de ses employés sont retrouvés dans un véhicule enflammé.

Le journaliste enquêtait sur la mort mystérieuse de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré frère de Blaise Compaoré alors président du Burkina Faso.

En 1999, six premiers suspects avaient été identifiés grâce à une commission d'enquête indépendante.

En 2001, l'un d'entre eux est inculpé mais en 2006, la justice déclare un non-lieu et referme le dossier.

En 2016, après le renversement du régime Compaoré le dossier est rouvert.

Des mandats d'arrêts sont émis  le 5 mai 2017 contre les suspects notamment François Compaoré,considéré par les nouvelles autorités comme le principal commanditaire du meurtre.

François Compaoré est arrêté à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en octobre 2017 puis laissé en liberté

Le 5 décembre 2018, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris s'est dite favorable à une extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso en vue d'un procès.

Norbert Zongo,enseignant, est admis en 1979 à l’Institut Supérieur de Presse du Conseil de l’Entente à l’Université de Lomé.

Ses amitiés et prises de positions le mettront dans le collimateur du Président Eyadema.

De retour au Burkina,non sans mal, il est arrêté et détenu à la gendarmerie de Ouagadougou de 1981 à 1982. 

Il poursuivra plus tard ses études de journalisme avec l’aide de l’écrivain Hamadou KOUROUMA, à l’Université de Yaoundé. 

En 1984, il rejoint l’École Supérieure de Journalisme de Yaoundé au Cameroun. 

De retour en 1986,il collabore avec des organes de presse d’État : le quotidien Sidwaya d’abord, puis l’hebdomadaire Carrefour Africain

Puis il écrit régulièrement pour les journaux privés Le Journal du Jeudi et La Clef

Sa plume critique, dérange,et,le pouvoir l’affecte à Banfora,à 450 km de Ouagadougou.

Il refuse d’obéir,donne sa démission et crée son propre journal, l’hebdomadaire "L’Indépendant" en juin 1993. 

Le journal devient rapidement l’hebdomadaire le plus lu et le plus commenté sur l'ensemble du territoire.

«La pire des choses, ce n’est pas la méchanceté des gens mauvais, c’est le silence des gens biens.

Et vous, qu’est-ce que vous faites?»


« Pourrait-on s'imaginer que des hommes qui se disent civilisés et chrétiens se rendent ainsi de sang froid les bourreaux d'autres hommes dont tout le tort envers eux est d'être nés sous d'autres cieux et d'être d'une couleur différente ?» 

 

Boyer-Peyreleau, Eugène-Edouard (1774-1856) 

 

Piqûre de rappel…Le 14 décembre 1802, la "Bonne-Mère"navire négrier nantais quitte l'Afrique avec trois-cents captifs à son bord et un Noir libre, Jemmy Hollidé, sans doute un otage de sang princier. 

Sitôt arrivés à Saint-Pierre, en Martinique, les esclaves sont mis en vente. 

Le montant de leur vente s'élève à 450 000 livres.

Au XIXe siècle, allant à contre-courant du mouvement protestataire qui abolit la traite au Royaume-Uni en 1807, Nantes s'érigea en bastion de l'Europe négrière illégale et déporta jusqu'en 1830 quelque cent mille captifs supplémentaires.

La "Bonne-Mère" est un navire armé pour la côte de Guinée en 1802 par un négociant de l'île Feydeau, ex-planteur esclavagiste, catholique et franc-maçon.

Le navire est construit sur commande de Mathurin Trottier, un négociant né en 1755 et introduit dans les milieux d'affaires nantais par son mariage.

Dans les années 1780 il est inscrit à la loge maçonnique Saint-Germain, comme ses deux beaux-frères : sur 192 membres, elle compte 118 négociants et 28 capitaines de navires.

Trottier embarqua en 1782 pour Saint-Domingue afin de fonder une maison de commerce qui prospéra dans le trafic des Noirs et des denrées coloniales jusqu'au soulèvement de 1791. 

Il rentre à Nantes en 1792 .

Mathurin Trottier trouve des capitaux, à Paris principalement (51 %), commande un navire neuf, réunit une cargaison, recrute un équipage, et souscrit des assurances.

La "Bonne-Mère" construite par un chantier nantais, est sans doute appelée ainsi comme pendant du "Bon-Père", un morutier que Trottier a fait construire au Croisic à la même époque. 

C'est un trois-mâts jaugeant 206 tonneaux, avec une coque doublée en cuivre. 

Le navire embarque trente-sept hommes, le capitaine est de Pornic et les trois-quart de l'équipage proviennent de Loire-Inférieure. 

Le navire devient en 1812 "la Sophia",affrêtée pour un aller-retour Nantes-Londres. 

En 1814, il redevient le négrier la "Bonne-Mère".

Un accord avec Londres, obtenu par Talleyrand en mai 1814, donne à la France cinq ans pour acheminer encore des esclaves vers ses colonies.

Nantais issus de familles venues du Nord et de Flandre, Sallentin et Van Neunen achètent en juin 1814 la "Bonne-Mère", dont ils avaient auparavant été les assureurs, pour se lancer au plus vite dans le trafic négrier. 

Leglé, un capitaine expérimenté qui a servi Mosneron-Dupin, dirigera un équipage de trente-cinq hommes, tous bretons. 

La "Bonne-Mère" reprend la mer pour une destination qui lui est familière : Bonny ,la côte de Calabar (dans l'actuel Nigeria) !

Sur le quai du port de Nantes d'où partaient les navires pour la traite négrière, à savoir le Quai de la Fosse, est aujourd'hui installé un  Mémorial qui célèbre l'abolition de l'esclavage en 1848.

 


Nelson Mandela
Nelson Mandela

Piqûre de rappel…Le 15 décembre 2013,Nelson Mandela ,figure de la lutte contre l'apartheid est inhumé auprès de ses proches à Qunu, le village de son enfance situé dans le sud de l'Afrique du Sud, après une cérémonie diffusée en direct à la télévision et retransmise sur de grands écrans installés dans tout le pays qui s'est déroulée en présence de 4.500 invités .Il disait : « Ça semble toujours impossible jusqu’à ce qu'on le fasse »….


Jean Bertrand ARISTIDE
Jean Bertrand ARISTIDE

Piqûre de rappel…Le 16 décembre 1990, le père Jean Bertrand ARISTIDE est élu démocratiquement à la présidence de la république d'Haïti après plusieurs années d’instabilité avant d'être renversé par un coup d'État militaire sanglant le 29 septembre 1991.Il revient au pouvoir dans les fourgons de l'armée américaine avec la bénédiction de l'Organisation des Nations Unies, le 19 septembre 1994 mais l'ancien « curé des bidonvilles » est chassé du pouvoir le 1 mars 2004 ….


Aimé Césaire
Aimé Césaire

« Nègre vous m’appelez et bien oui, nègre je suis. N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde » 

 

Aimé Césaire (1913-2008) 

 

Piqûre de rappel…Le 17 décembre 1982,discours à l'Assemblée nationale de Aimé Césaire dans la discussion du projet de loi relatif à la commémoration de l'abolition de l'esclavage. 

Il conteste la rédaction votée au Sénat : à l'abolition sans lendemain du 16 pluviôse an II, il préfère celle de 1848 et défend la mémoire de Victor Schoelcher : 

« [...] En somme, par les soins de certains, ce texte, comme depuis quelque temps tous ceux qui concernent l'outre-mer, devient un prétexte à polémiques et à chicanes.

Cela dit, j'estime que le Gouvernement a été bien inspiré de revenir à son texte primitif. L'objet en est simple et est précisé dans l'exposé des motifs : il s'agit de célébrer l'événement qui s'est passé il y a cent trente-quatre ans lorsque la IIe République décrétait, les 4 mars et 27 avril 1848, que nulle terre française ne pourrait plus porter d'esclaves.

À cet événement est lié le nom de celui qui l'a inspiré, proposé et presque imposé, Victor Schoelcher.

Victor Schoelcher, qui est-ce ? Que de fois n'avons-nous pas entendu cette question lorsque, au lendemain de son élection à la présidence de la République, François Mitterrand eut l'admirable pensée d'aller déposer une rose, la troisième, sur la tombe de l'abolitionniste.

Victor Schoelcher, qui est-ce ? Eh bien, Victor Schoelcher c'est, pour résumer en trois mots, un humaniste, un militant des droits de l'homme, un socialiste.

Quand je dis « un socialiste » entendons-nous bien. Le socialisme de Victor Schoelcher n'est pas une doctrine d'économie politique ; c'est avant tout une éthique. Les phrases clefs de son oeuvre me paraissent être celles-ci : « Si l'on dit une fois que ce qui est moralement mauvais peut être politiquement bon, l'ordre social n'a plus de boussole. La violence commise envers le membre le plus infime de l'espèce humaine affecte l'humanité entière. La liberté d'un homme est une parcelle de la liberté universelle. Vous ne pouvez toucher à l'une sans compromettre l'autre tout à la fois. Un principe en socialisme, c'est le cerveau en physiologie, c'est l'axe en mécanisme. Sans principes respectés, il n'y a plus de société. »

Et je ne résiste pas à la tentation de le citer encore : « La liberté individuelle est antérieure à toutes les lois humaines : elle fait corps avec nous, et aucune puissance imaginable ne peut consacrer la violation de ce principe naturel. L'homme a le droit de reprendre par la force ce qui lui a été enlevé par la force, l'adresse ou la trahison ; et pour l'esclave, comme pour le peuple opprimé, l'insurrection est le plus saint des devoirs. »

C'est de phrases de ce genre qu'il faut partir, je crois, pour comprendre l'oeuvre de Victor Schoelcher. Je veux dire qu'il faut admettre une fois pour toutes qu'à l'origine de son engagement militant il y a d'abord une postulation éthique et une exigence morale.

Aussi bien est-ce le même mouvement qui porte Victor Schoelcher vers les ouvriers de son pays, les ouvriers de son temps, victimes désignées d'un capitalisme sauvage, et vers les Noirs d'Afrique, raflés par la traite, ou les Noirs des Antilles et d'Amérique, dont le travail et la sueur alimentèrent jadis ce que les marxistes appellent « l'accumulation primitive ».

Tout cela, aux yeux de Schoelcher, c'était le même combat : le combat pour la raison, le combat pour la justice, le combat pour les droits de l'homme.

En tout cas, ce qu'il y a de remarquable dans ce combat, c'est la ténacité, la persévérance, l'acharnement même avec lesquels Victor Schoelcher le mena pendant plus de cinquante ans. Rien ne l'arrêta, ni les préjugés, ni les insultes, ni l'outrage, ni la calomnie. Avec un indomptable courage, il tint bon et, dans un secteur limité mais significatif, il finit par l'emporter.

C'est cette victoire que nous souhaitons voir commémorée, la victoire d'un homme, dont nous voulons que la mémoire soit gardée et désormais largement célébrée, comme nous voulons que soit célébré le souvenir du martyre et de l'héroïsme des héros anonymes, issus tous de ces peuples, jamais résignés, qui périodiquement, se levèrent, génération après génération, pour revendiquer et pour combattre.

J'ai parlé de l'action et de l'oeuvre de Victor Schoelcher. Or, de cette oeuvre, de cette action, on assiste depuis quelque temps à des tentatives sournoises de dénaturation, on dirait maintenant de récupération. Certains - et on n'y a pas manqué au Sénat - n'ont pas oublié d'insister sur le fait que Victor Schoelcher est le premier à avoir employé les mots « département d'outre-mer », et ils n'ont pas hésité à revendiquer Victor Schoelcher comme parrain de l'assimilationnisme antillais. Bref, dans la bataille qui se livre autour du problème du statut des Antilles ou de la Réunion, c'est à qui mobilisera Victor Schoelcher, dans ses propres rangs.

À mon avis, l'entreprise est vaine et, à la limite, déloyale. Il ne faut pas demander aux hommes du siècle dernier de résoudre des problèmes qui ne se posaient pas à eux. Le problème qui se posa à Victor Schoelcher, ce n'était pas de choisir entre centralisation et décentralisation, entre paternalisme et responsabilité, entre identité culturelle et acculturation. C'était, condition première de tout futur débat, celui, élémentaire, de la liberté de tous les hommes, quelle que fût leur race ou leur couleur, et celui de l'égalité de tous devant la loi. La finalité de l'action de Schoelcher n'est pas un statut juridique, mais la qualité et la valeur de la condition humaine.

Victor Schoelcher était certainement partisan de l'extension de la loi française à des hommes exposés, livrés sans loi à l'arbitraire de maîtres sans foi ni loi. Mais il n'était pas partisan du maintien de privilèges anachroniques. Il n'était pas partisan de l'immobilisme politique. Il n'était pas partisan de la confiscation du pouvoir local entre les mains de quelques-uns, toujours les mêmes.

Et s'il était partisan, et un partisan acharné, de l'instruction publique conçue dans l'optique de son époque, il était, pour avoir dépouillé avec une admirable curiosité les écrits de tous les explorateurs et de tous les historiens de l'Afrique, les Caillé, les Mollien, les Mungo Park, pour avoir eu, l'un des premiers, la révélation de la valeur et de l'éminente dignité des civilisations africaines jusqu'à lui méconnues et ravalées au rang de la barbarie, il était, dis-je, trop conscient de tout cela pour que l'on puisse aujourd'hui s'autoriser de lui pour approuver ou soutenir une politique de nivellement des identités régionales et de laminage des peuples.

En conclusion, monsieur le secrétaire d'État, l'initiative du Gouvernement de permettre pour tous la commémoration, dans des conditions de dignité, de la date anniversaire de l'abolition de l'esclavage en 1848 est une excellente initiative. Elle permettra de rappeler la figure d'un homme qui fut l'un des premiers combattants de la cause des droits de l'homme. Elle permettra aux Antillais et aux Réunionnais de prendre une plus claire conscience de leur passé et d'être ainsi mieux à même de préparer leur avenir. Elle permettra à tous de se rappeler que le combat, le séculaire combat pour la liberté, l'égalité et la fraternité, n'est jamais entièrement gagné, et que c'est tous les jours qu'il vaut la peine d'être livré. » 

(Applaudissements sur les bancs des socialistes et des communistes.)

 

Aimé Fernand David Césaire, est un poète et homme politique français, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. Il est l’un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu. 

Pour le troisième anniversaire de sa mort, en avril 2011,le poète est élevé au rang de "grand homme" lors d'une cérémonie organisée au Panthéon au cours de laquelle une plaque est dévoilée dans la crypte du monument.  

Une entrée symbolique au Panthéon car conformément à sa volonté, Aimé Césaire est inhumé en Martinique, sa terre natale. 


Stephen Bantu Biko
Stephen Bantu Biko

« L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé »

 

Stephen Bantu Biko (1946-1977) 

 

Piqûre de rappel…Le 18 décembre 1946 naît à King William's Town, en Afrique du Sud, dans la province du Cap oriental,Stephen Bantu Biko, grande figure de la lutte contre l’apartheid.

Dès sa jeunesse,son activisme lui vaut d'être expulsé de son lycée.

Il s'inscrit au St. Francis College dans la région de Mariannhill dans le KwaZulu-Natal.

Diplômé en 1966,il poursuit à la faculté de médecine de l'Université du Natal, où il est actif au sein de l'Union nationale des étudiants sud-africains, une organisation multiraciale prônant l'amélioration des citoyens noirs.

En 1968, il cofonde l'Organisation des étudiants sud-africains, une organisation d'étudiants noirs axée sur la résistance à l'apartheid, puis dirige le nouveau mouvement de la conscience noire.

En 1972, il est expulsé de l'université en raison de son activisme politique,et,met en place avec d’autres un autre groupe d'activistes noirs, « la Black People's Convention », dont il devient le leader.

En 1973, il est banni par le régime d'apartheid qui lui interdit notamment d'écrire ou de parler publiquement.

À la fin des années 70, il est arrêté quatre fois et détenu plusieurs mois.

Le 18 août 1977, arrêté et emmené à Port Elizabeth ,il est torturé, puis transféré à Pretoria, Transvaal, le 11 septembre 1977.

Il meurt en détention le 12 septembre 1977 "officiellement" des suites d'une grève de la faim.

Ses conditions de détention et son décès brutal déclenchent des protestations internationales amenant le conseil de sécurité a voter des Résolutions (417 (31 octobre 1977) et 418 (4 novembre 1977), qui impose un embargo sur les ventes d'armes à destination de l'Afrique du Sud.

La police finira par confesser son meurtre à la Commission vérité et réconciliation à la fin des années 1990.

Le 7 octobre 2003,près de 10 ans après l'avènement d'un régime multiracial en Afrique du Sud, la justice renonce à poursuivre les 5 policiers pour manque de preuves et absence de témoins.

 


« Quand vous êtes prêt à partir pour le travail, sachez que la moitié de toutes les choses et de tous les appareils dont vous vous êtes servis avant de quitter votre domicile a été inventé par des noirs » 

 

Martin Luther King Jr (1929-1968) 

 

Piqûre de rappel…Le 19 décembre 1899 ,Granville T. Woods invente les manèges pour divertissement.

Granville Tailer Woods naît le 23 avril 1856 à Columbus,Ohio.

L'office des brevets des États-Unis lui reconnaît plus de soixante brevets.

C'est le premier Américain d'origine africaine a avoir été ingénieur en mécanique et électronique après la guerre de sécession.

Autodidacte, il a consacré l'essentiel de son travail aux trains et aux tramways. Une de ses inventions les plus remarquables est The Multiplex Telegraph, un dispositif qui permettait d'envoyer des messages entre les gares et les trains en mouvement.

Son travail a assuré un système de transport public plus sûr et meilleur pour les villes des États-unis.

Il obtient gain de cause à deux reprises devant les tribunaux face à des compagnies qui contestaient ses droits à des brevets,notamment contre Thomas Edison qui revendiquait l'antériorité du système de télégraphie à induction.

Granville Tailer Woods meurt le 30 janvier 1910 à New York City sans avoir été honoré pour son génie.

L'inventeur prolifique sera honoré à titre posthume par le National Inventors Hall of Fame et le Temple National de Gloire pour les Inventeurs.

Voici quelques uns de ses brevets :

N°299,894 3/6/1884,Premier brevet pour l'amélioration de l'appareil de chauffage central

N°308,817 2/12/1884, Transmetteur téléphonique

N°639692 19/12/1899 Pour des manèges de divertissement

http://www.granvilletaylorwoods.com/


« Penser et agir par nous-mêmes et pour nous-mêmes,en Nègres....accéder à la modernité sans piétiner notre authenticité » 

 

Léopold Sédar Senghor (1906-2001)

 

Piqûre de rappel…Le 20 décembre 2001 meurt à Verson, en France, Léopold Sédar Senghor,poète,chantre de la "négritude",et homme politique.

Il naît à Joal, au Sénégal, le 9 octobre 1906,fait ses études à la mission catholique de Ngasobil, au collège Libermann et au cours d'enseignement secondaire de Dakar, puis, à Paris, au lycée Louis-le-Grand et à la Sorbonne. 

Il est reçu à l'agrégation de grammaire en 1935.

En 1936,il milite dans le syndicat des enseignants du second degré et adhère à la SFIO.

Tout en enseignant les lettres et la grammaire au lycée Descartes à Tours (1935-1938), il suit les cours de linguistique négro-africaine de Lilias Homburger à l'École pratique des hautes études et ceux de Paul Rivet, de Marcel Mauss et de Marcel Cohen à l'Institut d'ethnologie de Paris. Nommé professeur au lycée Marcellin Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés en 1938, il est mobilisé en 1939 et fait prisonnier en juin 1940. 

Réformé pour maladie en janvier 1942,il reprend les cours au lycée de Saint-Maur et participe à la Résistance dans le Front national universitaire. 

De 1944 jusqu'à l'indépendance du Sénégal, il occupe la chaire de langues et civilisation négro-africaines à l'École nationale de la France d'outre-mer.

Le 7 novembre 1946 ,il est élu député socialiste de l'ensemble Sénégal-Mauritanie à la première Assemblée nationale constituante.

Il est nommé membre de la commission des territoires d'outre-mer et entre à la commission de la Constitution en février 1946.

Il est constamment réélu (1946, 1951, 1956). 

Membre de l'assemblée consultative du Conseil de l'Europe, il est plusieurs fois délégué de la France à la conférence de l'UNESCO et à l'assemblée générale de l'ONU. 

Secrétaire d'État à la présidence du Conseil (cabinet Edgar Faure : 23 février 1955 - 24 janvier 1956), il devient maire de Thiès au Sénégal, en novembre 1956. 

Ministre-conseiller du gouvernement de la République française en juillet 1959, il est élu premier Président de la République du Sénégal, le 5 septembre 1960. 

Il est réélu Président de la République en 1963, 1968, 1973, 1978, et se démet de ses fonctions le 31 décembre 1980.

Léopold Sédar Senghor est médaille d'or de la langue française ; grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963) ; médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld (1965) ; grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966) ; prix de la Paix des libraires allemands (1968) ; prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969) ; grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970) ; prix Guillaume Apollinaire (1974) ; prince en poésie 1977, décerné par l'association littéraire française L'Amitié par le livre ; prix Cino del Duca (1978) ; prix international du livre, attribué par le Comité international du livre (Communauté mondiale du livre, UNESCO, 1979) ; Prix pour ses activités culturelles en Afrique et ses œuvres pour la paix, décerné par le président Sadate (1980) ; médaille d'or de la CISAC (Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs) ; premier prix mondial Aasan ; prix Alfred de Vigny (1981) ; prix Athénaï, à Athènes (1985) ; prix international du Lion d'or, à Venise (1986) ; prix Louise Michel, à Paris (1986) ; prix du Mont-Saint-Michel, aux Rencontres poétiques de Bretagne (1986) ; prix Intercultura, à Rome (1987).

Il est docteur honoris causa de trente-sept universités, dont Paris-Sorbonne, Strasbourg, Louvain, Bordeaux, Harvard, Ifé, Oxford, Vienne, Montréal, Francfort, Yale, Meiji, Nancy, Bahia et Evora.

Il est membre correspondant de l'Académie bavaroise (1961) ; membre associé (étranger) de l'Académie des sciences morales et politiques (1969) ; membre (étranger) de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux ; membre (étranger) de l'Académie des sciences d'outre-mer (1971) ; membre (étranger) de The Black Academy of Arts and Letters (1973) ; membre (étranger) de l'Académie Mallarmé (1976) ; membre (étranger) de l'Académie du royaume du Maroc (1980).

Il est élu à l'Académie française, le 2 juin 1983, au fauteuil du duc de Lévis-Mirepoix (16e fauteuil).

Senghor est l'auteur de nombreux ouvrages dont Chants d'Ombre, Hosties noires, Chants pour Naët, Ethiopiques, Nocturnes, Lettres d'hivernage et Elégies majeures, Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache en langue française, La parole chez Paul Claudel et chez les Négro-africains, dialogues sur la poésie francophone. 

Une série d'œuvres en proses, discours, conférences, essais, sont parues aux Editions du Seuil, en quatre tomes sous le titre de Liberté. 

Il collabore aussi durant sa longue carrière littéraire à de nombreuses revues dont les Cahiers du Sud, Les Temps modernes, Esprit, Jeune Afrique, Le Journal des africanistes. 


« Nous devons préférer un pas ensemble avec le peuple plutôt que de faire dix pas sans le peuple »

 

Thomas Isidore Noël Sankara (1949-1987)

 

Piqûre de rappel…Le 21 décembre 1949 naît à Yako Thomas Isidore Noël Sankara,président du Burkina Faso,panafricaniste qui incarna et dirigea la révolution burkinabé du 4 août 1983 jusqu'à son assassinat lors du coup d'État de son successeur Blaise Compaoré.

Son père était un ancien combattant et prisonnier de guerre de la Seconde Guerre mondiale. 

Il a fait ses études secondaires à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays. 

Il a suivi une formation d'officier à Madagascar et devient en 1976 commandant du centre de commando de Pô. 

La même année, il fait la connaissance de Blaise Compaoré avec lequel il formera le Regroupement des officiers communistes dont les autres membres les plus connus sont Henri Zongo et Jean-Baptiste Boukary Lingani.

En septembre 1981, il est secrétaire d'État à l'information dans le gouvernement du colonel Saye Zerbo. 

Il démissionne le 21 avril 1982, en déclarant : « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! »

Le 7 novembre 1982, un nouveau coup d'État porte au pouvoir le médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo.

Sankara devient premier ministre en janvier 1983, mais il est limogé et mis aux arrêts le 17 mai, après une visite de Guy Penne, conseiller de François Mitterrand.

Suite à un nouveau coup d'État, le 4 août 1983 Thomas Sankara accède à la présidence. 

Il définit son programme comme anti-impérialiste, en particulier dans son «Discours d'orientation politique», écrit par Valère Somé. 

Son gouvernement retire aux chefs traditionnels les pouvoirs féodaux qu'ils continuaient d'exercer. 

Il met en place les Comités de défense de la révolution.

Thomas Isidore Noël Sankara est assassiné avec 12 de ses compagnons le 15 octobre 1987,lors d'un coup d'État organisé par celui qui était considéré comme son frère, Blaise Compaoré. 

Plusieurs jours plus tard, il fut déclaré «décédé de mort naturelle» par un médecin militaire. 

L'absence de tout procès ou de toute enquête de la part du gouvernement burkinabé a été condamnée en 2006 par le Comité des droits de l’homme des Nations unies.

Il fût assassiné 7 jours après son dernier discours public en hommage à Che Guevara ,Il avait à peine 38 ans.

Son leitmotiv : «La patrie ou la mort, nous vaincrons ! »….


Piqûre de rappel…Le 22 décembre 1965 ,Le Général Christophe Soglo reprend de nouveau le pouvoir au Bénin à la suite d'un coup d'État.Il dissout l’Assemblée nationale, les partis politiques, les conseils généraux et municipaux...Le 28 octobre 1963 ,il avait renversé le Président Hubert Maga dont il fût le ministre par un coup d'état sans effusion de sang.Christophe Soglo établit un gouvernement provisoire qu'il dirige avant le retour du pouvoir aux civils au mois de décembre.L'ancien premier ministre Sourou Migan Apithy devient président.de la République et Justin Ahomadébgé , Premier ministre et Vice-Président. Suite à son push de décembre 1965,il reste président du Bénin jusqu'en 1967, lorsqu' un jeune groupe d'officiers le renverse à son tour,Christophe Soglo se retire alors de la politique .


« Ma musique a des racines que j'ai déterrées de ma propre enfance, des racines musicales enfouies dans le sol le plus sombre.»

 

Ray Charles « The Genius » (1930 -2004)

 

Piqûre de rappel …Le 23 décembre 1932, Ray Charles Robinson perd la vue à l'âge de 6 ans.

Le petit garçon né le 23 septembre 1930 en Géorgie souffre d'un glaucome,et,se retrouve complètement aveugle. 

Avec un brin d'humour, il dira plus tard : « Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi. J'aurais pu être noir ! ».

Il enregistre en 1949 pour la première fois sous son propre nom.

Une époque fructueuse, il fait la connaissance de Quincy Jones et signe un contrat chez le label Swing Time Records.

En 1951 « Baby, Let Me Hold Your Hand » se place dans les premières places du hit parade R&B. 

Ray Charles débute son ascension en 1955 avec « I Got a woman ».

De 1949 à 1963, il produit 15 albums et compose de nombreux morceaux, touchant à différents genres musicaux pour créer  « la soul » dont il sera l’un des pionniers des années 1950. 

Il change son nom de Ray Robinson à Ray Charles, afin d’éviter toute confusion avec le fameux boxeur Ray Robinson.

Il produit en 1959 son fameux album « The Genius Of Ray Charles », et en 1963 monte sa propre société de production « Ray Charles Enterprises ». 

En 1959,il est invité à jouer dans une salle de Géorgie , mais refuse d'y entrer à cause de la loi de ségrégation de l'époque : il est donc interdit de jeu en Géorgie. 

Après la fin de la ségrégation, le gouvernement de Géorgie lui présente des excuses publiques et choisit la chanson « Georgia », fameusement interprété par Ray Charles, comme hymne national en 1979.

Il continue de tourner dans le monde entier à guichet fermé jusqu'à sa mort en 2004 à 73 ans. 

Un grand nombre d'artistes lui rendent hommage, tels que Willie Nelson, Quincy Jones,James Brown,Michael Jackson,Aretha Franklin,Neil Young,Norah Jones,Elton John,Stevie Wonder ou encore les Rolling Stones.

En 2005,le pianiste a remporté les prestigieux Grammys du meilleur album pour "Genius Loves Company", réalisé en collaboration avec plusieurs artistes, et du meilleur single pour "Here We Go Again", son duo avec la chanteuse Norah Jones.

Il a aussi raflé les prix de l'album pop et de la collaboration pour ce même duo. 

Ray Charles reçoit de nombreux prix et honneurs. Il entre au « Rock'n'Roll Hall of Fame » en 1986 ; obtient douze Grammy Awards ; reçoit la médaille de « Chevalier des Arts et Lettres » pour « Georgia on My Mind ».

Sa carrière compte 58 ans, et environ 250 albums. 

Parmi ses innombrables succès,« Georgia », qui ramène à sa terre natale.

Surnommé « The Genius» , il s'éteint le 10 juin 2004, dans sa maison de Beverly Hills,d'une maladie du foie.

On retiendra de lui sa voix et ses mélodies magiques, mais aussi son gigantesque sourire à la vie.


« Nous sommes venus balayer la maison » 

 

Robert Guéï (1941 -2002)

 

Piqûre de rappel,,,Le 24 décembre 1999,la Côte d’Ivoire enregistre son premier coup d’État militaire.

A la veille du réveillon de Noël , une mutinerie éclate suite au non-paiement des primes des militaires ivoiriens en mission en Centrafrique.

Aux environs de 7h, Henri Konan Bédié reçoit quatre mutins conduits par le « sergent IB »,ancien membre de la garde rapprochée du Premier ministre Alassane Dramane Ouattara. 

Le chef de l’État est entouré du Premier ministre, du président de l’Assemblée nationale, Émile Brou Amoakon Atta, du ministre de la Défense et du major-colonel Doué, qui sert, depuis le début des événements, d’interface entre les mutins et le pouvoir.

Le président s’engage à examiner personnellement leurs revendications avec bienveillance.Un nouveau rendez-vous est fixé. Mais les dés sont jetés.

Vers 11 heures, des dizaines de militaires puissamment armés font irruption à Radio Nostalgie. 

Le général Robert Gueï,se présentant comme le porte-parole des insurgés prend le micro.

Il annonce la destitution du chef de l’État, la dissolution de l’Assemblée nationale (où le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, au pouvoir depuis l’indépendance, dispose d’une écrasante majorité), du gouvernement, du Conseil constitutionnel et de la Cour suprême. 

Un Comité de salut public de la République composé de neuf membres,exclusivement militaires,est constitué dans la journée qui porte à sa tête le général Robert Guéi,ancien chef d’état-major des armées, limogé par le président Henri Konan Bédié en 1995. 

A la mi-journée,Bédié quitte le palais pour la résidence de l’ambassadeur de France, toute proche, en empruntant le tunnel,discret,qui relie les deux édifices.  

Bédié trouve refuge au Togo.


Piqûre de rappel,,,Le 25 décembre 1745 naît à Baillif en Guadeloupe Joseph de Bologne de Saint-George, dit le chevalier de Saint-George,célèbre musicien et escrimeur français.

Il naît esclave par sa mère, Anne, dite Nanon,esclave d'origine africaine. Son père, Georges de Bologne de Saint-George était un colon protestant d'origine néerlandaise qui veilla à lui donner une éducation soignée.

Il se démarqua très tôt dans plusieurs disciplines ( équitation, escrime, danse ,musique).

En 1761, il fut admis dans le corps prestigieux des gendarmes de la garde du Roi et devint célèbre pour ses prodigieuses capacités artistiques et sportives.

Il se fit notamment connaître en tant que violoniste prodige et escrimeur hors pair.

Il dirigea l’orchestre des Amateurs et composa plusieurs concertos pour violon, des quatuors à cordes, des symphonies concertantes.

Candidat pour diriger l’opéra (l'Académie royale de musique), il fut évincé lorsque deux chanteuses, Sophie Arnould et Rosalie Levasseur, ainsi qu'une danseuse, Marie-Madeleine Guimard, adressèrent un placet (une pétition) à la reine pour « représenter à Sa Majesté que leur honneur et la délicatesse de leur conscience ne leur permettraient jamais d’être soumises aux ordres d’un mulâtre ».

Dans son malheur,Le chevalier de Saint-George reçut le soutien de la communauté musicale parisienne.

Louis XVI trancha en attribuant la responsabilité de l'opéra à son Intendant des Menus Plaisirs, Papillon de La Ferté.

Malgré cela le chevalier de Saint-George était reçu à la cour et devint l'intime de Marie-Antoinette, ce qui explique, peut-être, une tentative d’assassinat menée par des hommes de la police secrète de Versailles.

À la Révolution, il s'installa à Lille et s’engagea dans la Garde nationale avec le grade de capitaine.

Le 7 septembre 1792, il devint colonel de la légion franche des Américains et du Midi, en partie composée d'Afro-Antillais ; il y fit nommer lieutenant-colonel son protégé Alexandre Dumas, futur général et père de l’écrivain.

La Légion se forma à Laon avant de rejoindre Lille et l'armée du Nord sous la nouvelle désignation de 13e régiment de chasseurs à cheval où elle fut engagée dans les combats contre les Autrichiens.

Plusieurs fois dénoncé et accusé de royalisme ,il fut destitué de son commandement par Bouchotte, ministre de la Guerre.

Le 4 novembre 1793, il fut arrêté à Château-Thierry, malgré le soutien de la municipalité.

Incarcéré d'abord à Chantilly, puis au château d'Hondainville (Oise) avant d'être libéré, près d'une année de détention plus tard.

Tombant sous le coup d'une loi visant à épurer l'armée de ses officiers royalistes après l'insurrection de Vendémiaire (octobre 1795), il fut définitivement révoqué.

Une légende affirme que le chevalier de Saint-George se serait rendu de 1795 à 1797 à Saint-Domingue où il aurait rencontré Toussaint Louverture.

Il est mort à Paris le 10 juin 1799 d'une infection de la vessie consécutive à une blessure reçue à la jambe durant la Révolution.

Contrairement à ce qui a pu être écrit, sa mort est honorée dignement et tous les journaux de l'époque lui ont rendu hommage.

Membre de la célèbre Loge des Neuf Sœurs du Grand Orient de France, il fut sans doute l'un des rares anciens esclaves à être reçu maçon.

Saint-George connût une deuxième mort quand le général Bonaparte, premier consul de la première République française ( pas encore l'empereur Napoléon Ier), après avoir rétabli illégalement l’esclavage aux Antilles le 20 mai 1802, fit brûler toutes ses œuvres le même jour.

Napoléon Ier interdit par la suite aux « noirs et gens de couleur » l'entrée à l'armée (29 mai 1802), l'accès au territoire métropolitain (2 juillet 1802) et pour ceux qui s'y trouvaient déjà par l'intermédiaire de Claude Régnier, les mariages entrent les Noirs et les Blancs (8 janvier 1803).

La destruction de ses œuvres plus les lois raciales qui furent édictées par la suite ont conduit à l'oubli total de Saint-George.

Saint-George revint à la mode à l'époque romantique, et fut notamment cité par Balzac, Alexandre Dumas et surtout le dandy Édouard Roger de Bully (dit Roger de Beauvoir) qui lui consacra un roman adapté au théâtre.

En décembre 2001, la rue Richepanse (du nom du général ayant rétabli l'esclavage à la Guadeloupe sur ordre de Bonaparte) partagée entre le 1er et le 8ième arrondissement de Paris, a été débaptisée pour devenir la rue du Chevalier-de-Saint-George.


Piqûre de rappel,,,L26 décembre 1899 l'afro-américain Jerry 
M.Certain invente LE PORTE-BAGAGES DU 
VÉLO. Martin Luther King Jr a dit un jour : « Quand vous êtes prêt à partir pour le travail, sachez que la moitié de toutes les choses et de tous les appareils dont vous vous êtes servis avant de quitter votre domicile a été inventée par des noirs »


 

«Valeureux combattant,Tu t’appelais Diallo, Malamine, N’Tchoréré,Et tu défendais la patrie au péril de ta vie : Mais pour ton Dupont de frère,Tu seras toujours Demba»

 

Oumou Kantome Diallo (Lauréate concours national de poésie sur les Tirailleurs-Sénégal,Juillet 2008) 

 

Piqûre de rappel....Le 27 décembre 1941, Georges Koudoukou surnommé le « père des tirailleurs » est le premier Africain à atteindre le grade d'officier en devenant sous-lieutenant.

Il est nommé adjoint au commandant de la 5e Compagnie.

Il joue un rôle important dans le ralliement à la France libre de la garnison de Bangui.

Originaire de Fort Crampel (actuel Kaga Bandoro en République centrafricaine) au nord de Bangui, Georges Koudoukou a été décoré à titre posthume le 9 septembre 1942. 

Il est engagé à 20 ans dans l’armée coloniale,poursuivant une carrière militaire exemplaire.

Il est promu caporal en 1920, puis sergent en 1925 lorsqu'il prend part à des opérations au Maroc, au sein du 16e régiment de tirailleurs sénégalais .

De 1929 à 1931, il séjourne à La Rochelle avec le 12e RTS avant de repartir à Bangui où, plus tard, il est promu adjudant-chef en 1934.

Le 28 août 1940, il rallie la France libre, entraînant la troupe indigène du camp de Kassaï où il était affecté. 

Il rejoint le Bataillon de Marche N°2. 

Rappelons que le 1er novembre 1940 se forme le 2e Bataillon de Marche de l'Afrique Equatoriale Française, le B.M.2, de l'OUBANGUI-CHARI.

Une unité présente à Bir Hakeim,du 26 mai au 11 juin 1942, pour défendre un des secteurs le plus violemment attaqué, en enregistrant des pertes très lourdes,tout en réussissant finalement à percer les lignes ennemies et à ramener 60 % de ses effectifs lorsque l'ordre de repli a été donné.

Le 10 juin 1942, Georges Koudoukou est grièvement blessé par éclat d'obus à Bir Hakeim et amputé d'une jambe sur place par le Dr Mayolle.

Il meurt dans un hôpital à Alexandrie en Égypte le 15 juin 1942, des suites de ses blessures.

• Compagnon de la Libération - décret du 9 septembre 1942

• Médaille Militaire

• Croix de Guerre 39/45 avec palme

• Croix de Guerre des TOE

• Médaille Coloniale avec agrafe "Maroc 1925"


 « Le Congo n'est pas une propriété belge.C'est un pays comme tout autre qui doit jouir de la souveraineté »

 

Patrice Emery Lumumba (1925-1961) 

 

Piqûre de rappel...Le 28 décembre 1958 se tient à Léopoldville le premier meeting du Mouvement National Congolais qui se base sur la Déclaration universelle des droits de l'homme et se fixe trois objectifs prioritaires :

1) L'accélération de la "démocratisation" des institutions du Congo Belge

2) L’indépendance

3) L’opposition à toute forme de partition du Congo

A cette occasion,Patrice Emery Lumumba prononce un discours :

« Je vous remercie au nom du Mouvement National Congolais d’être venus nombreux au premier meeting que nous tenons depuis la constitution de notre Mouvement.

Cette assistance nombreuse est un signe certain de l'espoir que vous mettez au Mouvement National Congolais et aux buts qu'il compte poursuivre avec persévérance et ténacité.

Aussi, nous efforcerons-nous, à partir d'aujourd'hui et tout au long de notre action, de ne pas décevoir les patriotes qui nous font confiance par leur appui et leur Soutien.

La conférence d'aujourd'hui se divisera en deux parties : 

Dans la première partie,nous donnerons le compte rendu fidèle et authentique des travaux de la Conférence du Rassemblement des Peuples Africains auxquels nous venons de prendre part; 

Dans la deuxième partie,nous vous exposerons le programme d'action de notre Mouvement.Ce programme, nous voulons le réaliser avec la collaboration active de tous les Congolais hommes, femmes et enfants.

(...) Il nous reste, maintenant, Mesdames et Messieurs à vous présenter le programme d'action de notre Mouvement.

Le Mouvement National Congolais d'inspiration typiquement africaine a pour but fondamental la libération du peuple congolais du régime colonialiste et son accession à l’indépendance.

Ce mouvement n'a aucune attache ni avec le gouvernement ni avec toute autre organisation politique européenne comme certains détracteurs le font croire dans les coulisses.

Ce ne sont que des manœuvres de noyautage qui sont la spécialité des détracteurs. 

Notre mot d'ordre est de bien faire et laisser dire. 

Nous combattons pour la vérité et la justice. 

Cette vérité triomphera, même si elle est piétinée aujourd'hui.

Nous fondons notre action sur la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Droits garantis à tous les citoyens de l’humanité par la Charte des Nations Unies et estimons que le Congo, en tant que société humaine, a le droit d’accéder au rang des peuples libres.

Nous voulons dire adieu à l'ancien régime, ce régime d'assujettissement qui prive les nationaux de la jouissance des droits politiques reconnus à toute personne humaine et à tout citoyen libre.

Nous voulons que notre pays, notre grand pays ait une autre physionomie, physionomie d'un peuple libre, heureux, dégagé de l’inquiétude, de la peur et de toute domination colonialiste.

Dans une motion que nous avons adressée au Ministre du Congo à Bruxelles, nous avons insisté sur le fait que le Congo ne peut plus être considéré comme une colonie ni d'exploitation ni de peuplement et que son accession a l’indépendance était la condition sine qua non de la paix.

Dans notre action pour la conquête de l’indépendance du Congo, indépendance que nous voulons totale, nous n'avons cessé de proclamer que nous n’étions contre personne mais uniquement contre la domination,les injustices et les abus et que nous voulons tout simplement nous libérer des entraves du colonialisme avec toutes ses conséquences.

Ces injustices et ces abus, s'ils persistaient malgré nos protestations répétées, seraient à la base du divorce éventuel de la Belgique et du Congo et des troubles sociaux que pourraient connaître ce pays.

Le peuple congolais a droit à son indépendance au même titre que les autres peuples du globe. 

C'est un droit fondamental, naturel et sacré qu’aucune doctrine ne peut lui disputer, aucune puissance lui arracher.

C'est également en vertu de ce droit qu il décidera lui-même des limitations de détail à consentir dans l’exercice de l’indépendance pour son propre bien, pour celui de ses membres ou celui de tout l’ensemble humain.

C'est aussi en vertu de ce droit que le Congo déterminera librement les rapports qui le lieront à la Belgique.

L’indépendance effective dans l’interdépendance des nations libres,la libération totale du Congo de toute forme de tutelle : voila ce à quoi aspire notre peuple, et c'est cela qu'il appartient aux patriotes sincères de proclamer au grand jour.

Ce serait une honte, une grande honte pour les habitants de ce pays et surtout pour l'Administration belge qu'en cette époque ou la conscience universelle condamne la domination d'un peuple par un autre,le Congo soit encore maintenu sous le régime d'un empire colonial.

L’œuvre de colonisation entreprise par la Belgique au Congo doit être limitée dans le temps et dans l'espace. 

A notre avis, cette limite est largement atteinte.

Nous voulons nous libérer pour collaborer avec la Belgique dans la Liberté, l’Égalité et la Dignité. 

La collaboration n'est pas possible dans les rapports de sujétion. 

Les congolais doivent jouir immédiatement et pleinement de l'exercice des libertés fondamentales et de tous les droits politiques, administratifs, privés et civils.

Nous n'excluons pas qu’après avoir obtenu notre indépendance une collaboration confiante,fructueuse et durable s’établisse entre le Congo et la Belgique ou entre les habitants noirs et blancs de ce pays.

Les Belges, comme tous autres habitants étrangers continueront à résider au Congo. Mais cette collaboration ne sera possible que si la Belgique aura compris dès maintenant les aspirations du peuple congolais à la dignité et à la liberté et si elle ne retarde pas outre mesure sa libération en consentant volontairement à mettre fin au régime colonialiste.

L’indépendance que nous réclamons au nom de la paix ne doit pas non plus être considérée par la Belgique comme un cadeau mais au contraire, il s'agit de la jouissance d'un droit que le peuple congolais avait perdu.

Nous reconnaissons à sa juste valeur la contribution que la Belgique,les Belges et les Étrangers ont apporté pour l’épanouissement du Congo.

Le progrès réalisé ici dans le domaine économique et social surpasse,comme nous l’avons constaté de nos propres yeux, celui de certains pays. 

Mais là où le bas blesse,c’est que le gouvernement belge a négligé l’émancipation politique des congolais et la promotion de la femme noire. 

Notre pays connaît, en ce domaine, un retard considérable alors que des pays moins développés que le nôtre, jouissent déjà ou sont en voie de jouir de leur liberté.

C'est ce retard que nous voulons combler aujourd’hui sans tarder.

Nous regrettons la tendance de l'administration belge qui veut faire des congolais ce qu'elle veut qu'ils soient, uniquement ce qu'elle veut qu'ils soient et non ce que ces derniers veulent être. 

Nous regrettons également cette politique qui consiste à n'accorder aux congolais que les droits que le gouvernement consent de leur octroyer au compte-gouttes comme de l’aumône, et non les droits légitimes que les nationaux réclament.

Nous regrettons aussi l'autre tendance qui considère comme meneur, anti-blanc ou xénophobe, tout africain qui condamne les injustices et les abus dont son peuple est victime.

Les nationalistes européens et occidentaux ont-ils agi autrement dans leur lutte pour l’indépendance de leurs pays respectifs?

Qu'on nous le dise.

Ces arguments qu'on lance à tous ceux qui combattent pour la liberté, sont pour nous des manœuvres d'intimidation.

D'autre part, la notion de la souveraineté belge au Congo doit également disparaître du vocabulaire colonial. 

Le Congo n'est pas une propriété belge. 

C'est un pays comme tout autre qui doit jouir de la souveraineté comme la Belgique jouit de la sienne.

L’État Congolais sera basé sur l’Égalité, la Solidarité et la Fraternité de tous les congolais.

C'est pourquoi notre Mouvement s'opposera toujours, de toutes ses forces à la balkanisation du territoire national sous quelque prétexte que ce soit.

Mesdames et Messieurs, toutes les forces du pays doivent se mobiliser en vue de participer à la réalisation des objectifs que nous venons de définir pour le bien-être de tous.

Nous adressons un vibrant appel à tous les patriotes congolais, à toutes les associations et groupements organisés de s'unir autour du Mouvement National Congolais, lequel s'adresse à tous les congolais, sans distinction de tribu, de sexe ou de religion.

L'objectif du Mouvement National Congolais est d'unir et d'organiser les masses congolaises dans la lutte pour l’amélioration de leur sort, la liquidation du régime colonialiste et l'exploitation de l'homme par l'homme.

Nous invitons tous nos compatriotes de toute condition et quelles que soient leurs tendances ou leurs divergences actuelles ou passées, à mettre en commun nos énergies et notre courage pour réaliser le regroupement nécessaire et indispensable sans lequel nous ne pourrons nous affirmer ni faire entendre notre voix, la voix du peuple congolais.

Il est grand temps que le peuple Congolais prouve au monde qu'il a conscience des réalités de l'autonomie,cadeau que prépare et lui promet le gouvernement. 

Cette autonomie-la, nous n'en voulons pas.

Il est temps que les congolais des centres et de l’intérieur fassent connaître au monde qu'ils ne sont nullement divisés mais qu'ils sont unis pour la même et juste cause.

Il est temps que le peuple congolais sorte de son sommeil, qu'il rompe le silence et domine l’intimidation pour manifester pacifiquement mais résolument que l'on doit compter avec lui.

Certaines personnes font croire aux Congolais non avertis que l'accession du pays à l’indépendance provoquera la fuite des capitaux étrangers,des perturbations au pays,parce qu'il n'y a pas encore de techniciens noirs, etc... 

Nous croyons pour notre part et nous nous basons ici sur l’expérience vécue par d'autres pays africains,pourtant moins développés que le nôtre au moment où ils prirent les rênes de leurs pays en mains,nous croyons donc que l'accession du Congo à l’indépendance stabilisera l’économie congolaise de même qu'elle constituera une garantie certaine pour les investissements étrangers.

En effet, le réinvestissement sur place de tous les bénéfices réalisés par les entreprises nationales,l’accélération du programme d'industrialisation,l'octroi par l’état congolais de nombreuses bourses d’études aux nationaux, la suppression du Cautionnement actuel de 50.000 frs pour tout congolais désirant aller se perfectionner à l’étranger, l'octroi de nombreux prêts aux classes moyennes congolaises,l'organisation d'un enseignement obligatoire et gratuit à tous les degrés,le développement des paysannats et coopératives dans les milieux ruraux, la suppression radicale de toutes les discriminations légales, l'enthousiasme au travail provoqué par l'octroi de salaires décents et la jouissance des libertés humaines, tout cela nous prouve, Mesdames et Messieurs, que l'accession du Congo à l’indépendance apportera un plus grand bien-être aux habitants de ce pays, bien-être qu'ils ne peuvent trouver pleinement sous le régime actuel.

S'il existe, en ce moment, des européens qui pensent pouvoir assurer la pérennité du régime de sujétion, nous ne pouvons que le regretter.

Si, au contraire, le sens et la légitimité de notre lutte sont compris par des hommes sincèrement décidés à nous épauler fraternellement et à contribuer à l’édification de notre pays par leur travail honnête et par l'apport de leur capital financier et technique, alors, les congolais le noteront avec intérêt et ils considéreront ces hommes comme des amis véritables de ce pays. 

Nous faisons appel à nos compatriotes de se joindre à nous afin de servir plus efficacement la cause nationale et de réaliser la volonté d'un peuple qui veut se libérer des chaînes du paternalisme et du colonialisme.

Il faut que le peuple congolais cesse de s'endormir et d'attendre notre indépendance et notre liberté.

Le Congo est notre patrie. C'est notre devoir de rendre cette patrie plus grande et plus belle.

Pour conclure, nous vous invitons à acclamer avec nous : vive le Congo, vive le Mouvement National »


« Ses mouvements avaient quelque chose de brusque et de capricieux qui rappelaient ceux du singe.»

Georges Cuvier (1769-1832) 

 

Piqûre de rappel....Le 29 décembre 1815 meurt à Paris Saartjie Baartman de son vrai nom Sawtche, surnommée la « Vénus Hottentote » dont le corps fût exposé aux yeux du public comme une bête de foire et un objet sexuel tout au long de sa vie.

Cette femme du peuple Khoisan,les plus anciens habitants de la région sud de l’Afrique ,est asservie par un fermier boer.

En 1807, elle est vendue au frère de son maître Hendrick Caezar dans une autre ferme près du Cap. 

En 1810,William Dunlop,médecin anglais de marine, conseille au fermier boer de l'exhiber dans toute l'Europe et lui prédit un grand succès. 

À son arrivée en Europe, elle est renommée «Saartjie Baartman» et amenée à Londres pour être exhibée entre 1810 et 1814 comme un animal dans toute l’Angleterre et la Hollande dans les foires, musées, salons privés: « Elle fut montrée comme une bête sauvage, on lui donna l’ordre d’avancer, de rentrer et de sortir de sa cage, comme un ours au bout de sa chaîne et non pas comme un être humain ». Présentée comme un spécimen exotique, déshumanisée, éxhibée ,humiliée sous le regard, les quolibets et le toucher des spectateurs. 

Elle est baptisée en 1811 à Manchester avec l’autorisation spéciale de l’évêque de Chester. 

Puis elle arrive à Paris en septembre 1814 où elle est exhibée au public par un dénommé Réaux qui exhibe traditionnellement des animaux (ours, singes) dans le quartier du Palais-Royal. 

Ensuite elle est examinée, mesurée et palpée par les savants. 

Etienne Geoffroy Saint Hilaire, professeur au Muséum national d’histoire naturelle souhaite « profiter de la circonstance offerte par la présence à Paris d’une femme bochimane pour donner avec le plus de précision qu’on ne l’a fait jusqu’à ce jour les caractères distinctifs de cette race curieuse ».

Observée par les scientifiques, elle est exhibée au Jardin des Plantes. 

À sa mort, Geoffroy Saint Hilaire réclame son corps pour qu'il soit porté aux laboratoires d’anatomie du Muséum d’histoire naturelle et qu'il« puisse devenir asile aux progrès des connaissances humaines ».

Pour le professeur, il s’agit d’une opportunité « d’acquérir de nouveaux renseignements sur cette race singulière de l’espèce humaine». 

Durant son calvaire en Occident, ceux qui l’exhibent usent de drogues pour assujettir et la rendre docile afin que l'on puisse abuser d'elle dans les salons privés où elle est violée.

Après avoir exécuté un moulage de la dépouille mortelle, son corps est disséqué illégalement en public dans le laboratoire d’anatomie du Muséum par Georges Cuvier, zoologiste et chirurgien de Napoléon Bonaparte, qui prélève son squelette, son cerveau et tous les organes génitaux qu’il conserve dans des bocaux de formol. 

Cuvier recherche « un sexe de crapaux » dans les organes génitaux de la femme sud–africaine c'est-à-dire un sexe rembourré. 

Après la dissection de son corps, Cuvier et Saint Hilaire publient à l’Académie de Médecine en 1817 une communication dans laquelle ils concluent sur la base de leurs observations une réelle proximité entre Sawtche et le singe. 

Les propos de Cuvier à son égard sont très éloquents : « Ses mouvements avaient quelque chose de brusque et de capricieux qui rappelait ceux du singe. Elle avait surtout une manière de faire saillir ses lèvres tout à fait pareille à ce que nous avons observé dans l’orang-outang. »; « Le nègre, comme on le sait, a le museau saillant, et la face et le crâne comprimé par les côtés ; le Calmouque a le museau plat et la face élargie ; dans l’un et l’autre les os du nez sont plus petits et plus plats que dans l’Européen. Notre Boschimane a le museau plus saillant encore que le nègre, la face plus élargie que le calmouque,et les os du nez plus plats que l’un et l’autre.A ce dernier égard, surtout,je n’ai jamais vu de tête humaine plus semblable aux singes que la sienne ».

De son côté, Saint Hilaire souligne les caractères anatomiques qu’il rapproche de ceux du singe comme par exemple sa tête qui selon lui comporte « un commencement de museau encore plus considérable que celui de l’orang-outang rouge qui habite les plus grandes îles de l’océan indien».«La prodigieuse taille de ses fesses » lui inspire une comparaison avec les femelles mandrill.

En 1994, au lendemain de la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, l'ethnie des Khoisan demande officiellement à Nelson Mandela que leur soit restituée la dépouille de Saartjie Baartman. 

La France faisant valoir l'inaliénabilité, selon la loi, des collections nationales et l'intérêt scientifique de la dépouille.

Il faudra attendre qu'un sénateur d'Île-de-France, Nicolas About, s’empare du dossier en 2001 et interpelle à l’Assemblée le secrétaire d'État au Patrimoine et à la décentralisation culturelle de l'époque, Michel Duffour. 

Il dépose une proposition de loi visant à rapatrier le corps de la Vénus hottentote en Afrique du Sud. 

Après de longues tergiversations, la proposition de loi est adoptée par le Sénat le 29 janvier 2002, un texte de loi transmis à l'Assemblée nationale le 30 janvier, adopté définitivement le 21 février et promulgué le 6 mars (Journal Officiel du 7 mars 2002), décidant la restitution officielle par la France de la dépouille de Saartjie Baartman à l'Afrique du Sud.

Le 9 août 2002, après une cérémonie œcuménique célébrée selon les rites khoisan et ceux de l'Église du Christ de Manchester (la jeune femme avait été baptisée dès son arrivée sur le sol anglais), Saartje Baartman est inhumée près du village de Hankey (Eastern Cape), en présence du président Mbeki et de nombreux dignitaires. 

Il aura fallu près de deux siècles à Saartjie pour trouver enfin le repos.


« Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon, ce que nous sommes entrain de faire. Il nous observe, il dit amusez-vous, mais le jour où il voudra aussi nous sanctionner, il le fera. Que Dieu protège le Gabon.»

 

Omar Bongo Ondimba (1935-2009) 

 

Piqûre de rappel...Le 30 décembre 1935 naît à Lewaï commune de la province du Haut-Ogooué, au sud-est du Gabon,Albert-Bernard Bongo devenu El Hadj Omar Bongo Ondimba,deuxième président de la République gabonaise.

Il suit des études primaires et secondaires à Brazzaville, capitale de l’Afrique équatoriale française,puis travaille dans l’administration des Postes et télécommunications, avant de poursuivre une formation militaire qui le conduira à exercer en tant que sous-lieutenant puis lieutenant de l’armée de l’air, successivement à Brazzaville, Bangui et Fort Lamy (aujourd’hui Ndjamena).

Après l’indépendance du Gabon en 1960, aux côtés du premier Président de la République gabonaise, Léon Mba, il entame une carrière politique. 

D’abord au Ministère des affaires étrangères, puis au Cabinet du chef de l’Etat, dont il assurera la direction à partir de 1961. 

Devenu le bras droit du chef de l'état, Albert-Bernard Bongo devient, dès 1965, membre du gouvernement, occupant tour à tour le portefeuille de Ministre délégué à la présidence de la République,chargé de la défense nationale et de la coordination, et celui de l’information et du tourisme. 

En 1966, il est nommé Vice-Président de la République et, lors de l’élection présidentielle de mars 1967, le Président Léon Mba qui en avait fait son colistier de campagne est réélu. 

Après la mort du père de l’indépendance en novembre 1967, Omar Bongo Ondimba lui succède ,conformément aux dispositions de la Constitution.

Il exerce ses fonctions jusqu'à sa mort le 8 juin 2009 à Barcelone.

Dans l'une de ses dernières interventions face à une assemblée venue lui présenter ce qui sera ses derniers vœux de nouvel an ,il tient un discours qui troubla ses hôtes et dont les mots prirent tout leur sens par la suite : « J'ai pour habitude de dire gabonais nous sommes, gabonais nous resterons, pensons à notre pays, pensons à notre jeunesse,croyons en Dieu. Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon, ce que nous sommes entrain de faire. Il nous observe, il dit amusez-vous, mais le jour où il voudra aussi nous sanctionner, il le fera. Que Dieu protège le Gabon.»


« Je suis partout, et nulle part. Je ne vois rien et je vois tout. Je n'écoute rien et j'entends tout... Tel est le rôle d'un chef d'état »

 

Jean Bédel Bokassa (1921-1996) 

 

Piqûre de rappel...Le 31 décembre 1965,le colonel Jean Bédel Bokassa renverse le président centrafricain David Dacko,son cousin,qui s'est absenté de Bangui pour assister à des funérailles.

Un coup d'état marqué par de nombreuses exécutions dont celle du conseiller du Président et chef de la Gendarmerie, Jean Izimo.

Le message diffusé par le pushiste Bokassa se veut rassurant :

« Centrafricains ! Centrafricains ! Ici le Colonel Bokassa qui s’adresse à vous. Depuis 3 heures ce matin, votre armée a pris le contrôle du gouvernement. Le gouvernement Dacko a démissionné. L’heure de la justice est entre vos mains. La bourgeoisie est abolie.Une nouvelle ère d’égalité parmi nous a débuté.Centrafricains,où que vous soyez,soyez assurés que l’armée vous défendra ainsi que vos biens. Longue vie à la République Centrafricaine !»

Il s'attache à bâtir une image de démocrate en mettant l'accent sur la communication.

Il parcourt le pays en arborant ses médailles gagnées lors des campagnes françaises,nomme un Conseil de la Révolution en lieu et place de l’Assemblée Nationale,corps représentatif qu’il juge indigne de représenter le peuple.

Il promet de démissionner une fois le communisme vaincu.

Il interdit les partis d’opposition,laissant le MESAN garder sa fonction de parti unique.

Le 4 Décembre 1976, clôturant le congrès du parti MESAN,il annonce que le Centrafrique sera désormais un empire dont l'emblème sera un aigle dans un disque de soleil. 

Le 4 décembre 1977,le président "à vie" de la République Centrafricaine, Jean-Bedel Bokassa, est sacré empereur à Bangui et prend le titre de "Bokassa Ier". 

5000 personnes sont invités à la fastueuse cérémonie où le nouvel empereur a revêtu la même tenue que celle portée par le maréchal Ney au sacre de Napoléon Ier.

La France enverra entre autres un bataillon pour sécuriser le sacre, l’orchestre de sa Marine Nationale et son Ministre de la coopération. 

Bokassa dirigera le pays d'une main de fer avant d'être renversé par David Dacko, le 20 septembre 1979.